Après le Covid-19, le lent réveil des hôtels de France


Un hôtel dans la Manche, à proximité immédiate du mont Saint-Michel, durant le confinement. Jean Claude MOSCHETTI/REA

Une auberge fermée mérite-t-elle encore ce nom ? A l’Hôtel de France, à Auch (Gers), on accueille le passant depuis le XVIe siècle et même, hélas, l’occupant, qui y prit ses quartiers durant la seconde guerre mondiale. Jamais, pense-t-on dans la famille Casassus, propriétaire depuis 2010, il n’avait dû fermer aussi longtemps que durant l’épidémie de Covid-19. Alors l’Hôtel de France a rouvert vite, début avril, pour accueillir le client égaré, par souci de l’accueil et du moral des troupes. « On est vieille école : un hôtel, c’est toujours ouvert », insiste Vincent Casassus. « Rester fermé, psychologiquement, c’est l’antithèse de notre métier », dit en écho Olivier Cohn, directeur général de la chaîne d’hôtels Best Western France, dont 15 % des adhérents sont restés ouverts pendant le confinement ; et l’on se surprend à penser qu’il y a peut-être un point commun entre l’établissement de famille en Gascogne et la coopérative américaine. En voilà un deuxième : quelle que soit leur taille, les quelque 18 000 hôtels de France, qui emploient 160 000 salariés selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, émergent de la pandémie de Covid-19 en mauvais état. Le redémarrage sera long et complexe.

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A Auch, la clientèle professionnelle, de passage, revient progressivement, remplit un quart des chambres en semaine quand, bien souvent, l’Hôtel de France affiche complet. « Le week-end, il n’y a personne. Tout ce qu’on avait pour l’été a été annulé, comme les groupes et les événements. Pour reconquérir les clients, il faut être agressif sur les tarifs et compter sur le restaurant. » L’ancienne salle du maître André Daguin (qui a dirigé l’hôtel jusqu’en 1997) a été refaite cet hiver ; elle a rouvert le 13 mars et fermé le 14, ordre de Paris.

Depuis le discours d’Edouard Philippe,
le 28 mai, c’est en France que les réservations repartent le plus vite

Chez Accor, les promotions seront réservées aux détenteurs du programme de fidélité. Le premier groupe européen, dont la moitié des 1 650 hôtels français seront ouverts lundi 8 juin, n’a d’autre option que l’optimisme, « qui n’est pas de façade », assure le directeur Europe, Franck Gervais. Depuis le discours d’Edouard Philippe, le 28 mai, c’est en France que les réservations repartent le plus vite ; mais c’est parce que d’autres l’ont précédée, et que le Royaume-Uni suit à plusieurs longueurs. « J’ai envie de retenir la tendance à la reprise. Avec le message de réassurance du premier ministre, l’ouverture prochaine des frontières européennes et nos messages en direction des clients, notamment sur la sécurité sanitaire, tous les feux s’allument au fur et à mesure. Je suis convaincu que les gens vont revenir dans nos hôtels, car on voit qu’ils ont envie de vacances. »

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