Ces pays sans Covid-19… ou presque !


Alors que la pandémie touche quasiment toute la planète, une douzaine de pays résistent au coronavirus. La plupart de ces territoires miraculeusement épargnés sont situés dans l’océan Pacifique.

La Corée du Nord affirme n’avoir eu aucun cas de Covid-19 sur son territoire © Getty / Yevgeny Agoshkov

Ce sont des terres miraculées qui ont résisté jusqu’ici aux ravages du coronavirus. La plupart d’entre elles sont des micro-États, situés dans l’océan Pacifique. Il s’agit de la Micronésie, de Kiribati, des îles Marshall, de Naru, de Palau, des îles Salomon, du Tonga, de Vanuatu et de Tuvalu. Selon les données de l’OMS, aucun cas de COVID-19 n’a été déclaré sur chacun de ces territoires du Pacifique, qui ont tous décrété l’urgence sanitaire.

Des micro-États perdus au milieu du Pacifique

Au-delà de ces micro-États sans virus, la région des îles du Pacifique est quasiment épargnée. Seulement 240 cas d’infection ont été répertoriés et 7 décès ont été enregistrés : à Guam (5 morts) et dans les îles du Nord-Mariana (2 morts).

Comment expliquer une telle performance ? L’extrême isolement géographique de ces territoires a joué à fond. Mais leurs autorités ont aussi pris des mesures drastiques dès le début, en interrompant les liaisons aériennes avec l’extérieur, notamment avec la Chine. Plus aucun touriste ne peut entrer. 

Dès le 24 janvier, les îles Marshall ont imposé les mesures les plus strictes de la région. Il faut dire que l’archipel est déjà en urgence sanitaire, une épidémie de dengue ayant démarré en août 2019. Une quarantaine de 14 jours pour les porte-conteneurs et les pétroliers a été imposée.

Le Lesotho, officiellement épargné par le virus

Sur le continent africain, le seul pays qui n’a pas encore enregistré un seul cas de contamination est le Lesotho. Surnommé le « royaume dans le ciel », ce pays montagneux très pauvre de 2 millions d’habitants, a la particularité d’être complètement enclavé au milieu de l’Afrique du Sud. 

Le Lesotho est actuellement sous confinement total jusqu’au 5 mai 2020, et aucun cas de contamination n’y a été officiellement rapporté. Les autorités viennent d’autoriser les compagnies minières, notamment les sociétés diamantaires, à reprendre leurs activités d’extraction et de traitement. En revanche, le pays est toujours durement frappé par une épidémie de Sida qui touche près d’un part de la population.

Un premier cas aux Comores

Jusque-là épargnées, les Comores viennent d’enregistrer leur premier cas de Covid-19. Il a été annoncé en personne par le président Azali Assoumani. Il s’agit d’un homme âgé d’une cinquantaine d’années, vivant aux Comores mais « ayant côtoyé un ressortissant Franco-comorien qui a séjourné dans le pays à partir du 18 mars », a précisé le président, ajoutant que l’état de santé du patient était en phase d’amélioration.

Dans ce pays miséreux de l’Océan indien, les autorités ont le plus grand mal à faire respecter les mesures de confinement, notamment pour la prière dans les mosquées en cette période de Ramadan.

Absence de transparence en Corée du Nord

En Asie, la Corée du Nord est le seul pays à avoir échappé à la pandémie. C’est en tous cas ce que proclame la propagande officielle du régime. Déjà très isolé auparavant, le pays a rapidement fermé ses frontières après l’annonce de l’apparition de l’épidémie en Chine et a imposé de strictes mesures de confinement.

Dans le cadre de ses efforts anti-virus, la Corée du Nord a placé en isolement des milliers de ses citoyens et des centaines d’étrangers, dont des diplomates, et a instauré des centres de désinfection. Des experts estiment que le pays est particulièrement vulnérable au virus en raison de la faiblesse de son système de santé, d’autant que son voisin du sud a été touché par l’épidémie (plus de 10 000 cas, et près de 250 décès). Des transfuges ont ainsi accusé Pyongyang de dissimuler l’ampleur de l’épidémie.

Au Turkménistan, la politique de l’autruche

Comme en Corée du Nord, la transparence n’est pas le point fort du régime du Turkménistan. Et à l’instar de Pyongyang, l’ex-République soviétique d’Asie centrale n’a pas déclaré un seul cas de contamination au COVID-19, contrairement à ses voisins du Kazakhstan (plus de 3 500 personnes infectées) ou d’Ouzbékistan (plus de 2 000).

Ce pays très fermé continue d’organiser de grandes manifestations populaires. Le régime a ainsi décidé de maintenir le défilé militaire du 9 mai prochain pour célébrer la victoire de l’URSS sur l’Allemagne nazie.

Le régime autoritaire du Turkménistan ignore les conseils prodigués partout ailleurs contre le coronavirus : pour la Journée mondiale de la santé début avril, il avait organisé des rassemblements sportifs de masse.

Grand amateur de sport, le leader suprême a récemment assisté à une course de chevaux dans un hippodrome plein à craquer. Les autorités turkmènes ont annoncé la reprise du championnat de football. La rentrée scolaire a, elle, eu lieu comme prévu, après les vacances de printemps. 

Bref, comme si le pays vivait sur une autre planète… Mais le Turkménistan ne devrait sans doute pas être immunisé contre la crise économique et financière qui se profile à l’horizon : sa principale source de revenus étant le gaz naturel, et son principal client la Chine.



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