Coronavirus Covid-19 : les premiers de corvée veulent des augmentations de salaire, pas des médailles en chocolat


« Pas de médailles en chocolat pour les premiers de corvée et les infirmières »

La décrue de l’épidémie de Covid-19 se poursuit : le coronavirus a fait plus de 29 000 morts en France, dont un millier en Bourgogne-Franche-Comté.

Au mois de mars, le président de la République Emmanuel Macron avait promis un »plan massif d’investissement et de revalorisation » pour l’hôpital. C’est dans ce cadre que s’est ouvert le « Ségur de la santé » : il s’agit de discussions sur l’avenir du système de santé qui doivent déboucher d’ici la mi-juillet sur des propositions concrètes pour améliorer le quotidien des soignants et la prise en charge des malades.

Cette grande concertation a débuté le 25 mai. Trois semaines ont passé et des voix s’élèvent déjà pour dénoncer la façon dont les discussions sont conduites : certains parlent de « parodie de concertation »,  d’autres d’une « opération de communication », etc. Plusieurs syndicats et des collectifs hospitaliers (Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux) ont appelé à une grande journée d’action nationale mardi 16 juin, car ils estiment qu’un grand flou entoure les intentions du gouvernement.

D’ici là, des rassemblements sont organisés un peu partout pour mobiliser la population. L’un d’eux a eu lieu au centre hospitalier William-Morey, à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, samedi 13 juin 2020, à l’appel de la section locale du PCF (parti communiste français). Le mot d’ordre était : « Pas de médailles en chocolat pour les premiers de corvée et les infirmières, mais une augmentation du budget de la santé et des salaires ».

De nombreuses voix critiquent en effet la décision du gouvernement de décerner une « médaille de l’engagement » pour « récompenser tous ceux qui ont contribué à l’effort dans la lutte contre le coronavirus » et réclament des mesures concrètes.

 

Le PCF demande une augmentation de 300 euros de salaire par mois pour les personnels de santé, ainsi que 20% d'augmentation du SMIC pour les premiers de corvée / © Romy Ho-A-Chuck
Le PCF demande une augmentation de 300 euros de salaire par mois pour les personnels de santé, ainsi que 20% d’augmentation du SMIC pour les premiers de corvée / © Romy Ho-A-Chuck

300 euros de salaire de plus par mois et 20% d’augmentation du SMIC

« On en a marre, ça ne peut pas durer comme ça. Il faut un réel changement. On parle de Ségur, mais on a l’impression que c’est surtout un effet de communication », enrage Sébastien Martins, infirmier à l’hôpital de Chalon-sur-Saône. Ce syndiqué de la CGT aimerait que « ça n’en reste pas là » et que les soignants du terrain soient entendus.

On a eu des applaudissements, mais on voudrait que ça aille plus loin. On voudrait que la population vienne avec les soignants pour qu’on puisse porter des messages de réel changement dans le monde de la santé –  Sébastien Martins, infirmier à l’hôpital de Chalon-sur-Saône

Concrètement, une augmentation de salaire de 300 euros par mois est demandée pour les personnels de santé. « Pour avoir un hôpital public qui fonctionne bien, il faut avoir des salariés qui soient correctement payés. Les applaudissements ou les primes, ça ne suffit pas« , dit Jean-Michel De Almeida, co-secrétaire de la section du PCF du Grand Chalon. Mais, « on a aussi voulu lier ça à une autre action qui aura lieu le 4 juillet devant le magasin Carrefour Sud à Chalon, parce qu’on pense aussi à tous les premiers de corvée (personnels d’entretien, caissières, postiers, éboueurs…). Tous ces « petits métiers » qui ont permis à la France de tenir pendant le confinement. Ces gens-là bossent au Smic, souvent à temps partiel, et on voudrait qu’ils soient récompensés avec une augmentation de 20%. »

 

Des messages de soutien aux soignants en première ligne pendant l'épidémie de covid-19 ont été apposés sur la façade du centre hospitalier William-Morey, à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, samedi 13 juin 2020. / © Romy Ho-A-Chuck
Des messages de soutien aux soignants en première ligne pendant l’épidémie de covid-19 ont été apposés sur la façade du centre hospitalier William-Morey, à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, samedi 13 juin 2020. / © Romy Ho-A-Chuck

 

Un mur de messages pour « refuser le retour à l’anormal »

Ce samedi, plusieurs dizaines de personnes ont répondu « présent » devant l’hôpital de Chalon-sur-Saône : de simples citoyens, des gilets jaunes, des personnels soignants de l’hôpital spécialisé de Sevrey, des membres de la CGT, d’Europe Ecologie Les Verts, de la Ligue des droits de l’homme…

« Refusons le retour à l’anormal et exigeons une juste répartition des richesses ! Retour de l’ISF, abrogation de la Flat Taxe, imposition des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Microsoft,…) Car, refuser l’impôt par l’évasion ou l’optimisation fiscale, c’est mettre en danger la société en ne lui donnant pas les moyens pour sa santé et son émancipation », pouvait-on lire sur des affiches.

Les participants étaient invités à laisser des messages de soutien à l’hôpital public, qui ont été placardés à l’entrée de l’établissement. « On espère qu’il y aura d’autres mouvements comme celui-là, car la crise risque d’être très dure et on va la faire payer aux gens modestes comme cela s’est passé en 2008. »

Le prochain rendez-vous est donc prévu mardi 16 juin. Ce jour-là, de très nombreux rassemblements sont prévus un peu partout en France et notamment en Bourgogne-Franche-Comté.

 

Reportage de Corentin Fouchard, Romy Ho-A-Chuck et Valérie Jonnet avec :

-des participants
-Sébastien Martins, infirmier CGT au CHSCT de l’hôpital de Chalon-sur-Saône
-Jean-Michel De Almeida, co-secrétaire de la section du PCF à Chalon-sur-Saône



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