Coronavirus : le point du mardi 9 juin sur le Covid-19


Ce qu’il faut retenir du point quotidien de la Direction générale de la santé (DGS)

11.961 personnes sont hospitalisées pour une infection COVID-19 (contre 14.028 il y a une semaine le 02/06) et 169 nouvelles admissions ont été enregistrées en 24 heures (contre 229 le 02/06).


Réanimations. 955 malades atteints d’une forme sévère de COVID-19 sont hospitalisés en réanimation (contre 1 253 le 02/06). 15 nouveaux cas graves ont été admis en réanimation (contre 33 le 02/06). Le solde reste négatif en réanimation, avec 69 malades de COVID-19 en moins par rapport à vendredi. 4 régions (Ile de France, Grand-Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France) regroupent 74 % des patients hospitalisés en réanimation. 18 personnes sont hospitalisées en Outre-Mer.

En Outre-Mer (Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique, Mayotte), on relève 115 hospitalisations (dont 18 en réanimation). Depuis le début de l’épidémie, 102.863 personnes ont été hospitalisées, dont 18.118 en réanimation. 71.506 personnes sont rentrées à domicile. 29.296 personnes sont décédées en France depuis le début de l’épidémie, dont 18.912 personnes au sein des établissements hospitaliers et 10.384 en établissements sociaux et médico-sociaux.

– L’info du jour –

Plus de 3 millions de décès évités en Europe, principalement par le confinement

Plus de trois millions de vies ont été sauvées du Covid-19 en Europe grâce aux mesures barrière et, surtout, au confinement, d’après les estimations de l’Imperial College de Londres publiées dans Nature. 12 à 15 millions d’individus ont été infectés par le Covid-19 au 4 mai 2020 dans 11 pays européens, d’après les estimations de l’Imperial College de Londres. Les données sur les décès sur lesquelles l’équipe s’est basée provenaient de Belgique, Espagne, Italie, France, Royaume-Uni, Danemark, Autriche, Norvège, Suisse, Suède et Allemagne. Au total, ces millions d’individus représentent entre 3 et 4% de la population totale de ces pays, avec de fortes variations entre eux. En France, 3,4% de la population a été infectée, contre par exemple 8% de la population belge ou 0,85% des Allemands. En comparant le nombre de décès observés à celui que leur modèle prévoyait en l’absence d’interventions, les auteurs calculent qu’environ 3,1 millions de décès (entre 2,8 et 3,5 millions si l’on tient compte de la marge d’erreur) ont été évités grâce aux mesures barrières et au confinement mis en place par les gouvernements. Le confinement a été, de loin, la mesure la plus efficace, comme le détaille notre article.

Sciences


Un nouveau modèle estime les dates de début et fin de l’épidémie en France

Toutes les personnes ne transmettent pas le virus de la même façon et cette variabilité devient importante quand il y a peu d’individus infectés. En prenant en compte ces variations, un nouveau modèle estime les dates de début et fin de l’épidémie en France. Plusieurs modèles ont estimé que le nombre de reproductions de base R0 avant le confinement était autour de 3. C’est-à-dire qu’en moyenne chaque personne infectée contaminait trois autres personnes. Si nous avions tous été pareils face au virus, on aurait tous eu un R0 proche de 3. Mais en réalité, à cause de l’hétérogénéité entre personnes, il se peut que ce nombre de reproductions soit plutôt proche de 0 pour la majorité des personnes infectées. Selon une étude, il aurait fallu environ trois mois de confinement de plus pour éradiquer complètement l’épidémie dans le pays. Avec le déconfinement, le R moyen a augmenté légèrement, rallongeant cette échéance d’environ deux mois de plus, jusqu’au mois de novembre. « Mais ceci n’est pas une prédiction, car c’est basé sur un R stable, alors qu’il est probable que ce nombre changera au fil du temps, notamment à la rentrée de septembre quand il va probablement augmenter, avertit Mircea Sofonea. Le détail de cette simulation est à retrouver sur Sciences et Avenir.

Pourquoi la stratégie d’immunité collective ne fonctionne pas

Un temps envisagée par certains pays comme la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, la stratégie d’immunité collective n’a pas fait ses preuves dans la crise du Covid-10. Elle consiste à laisser le virus se propager au sein de la population, sans mesures de confinement ou de protection jusqu’à ce qu’un nombre assez important d’individus – environ 65% de la population – ait développé les anticorps nécessaires. Les chaînes de contaminations sont alors brisées et le virus est stoppé. Mais cette stratégie implique un nombre extrêmement important de cas graves au même moment, impossible à prendre en charge dans les services de réanimation. Seule la Suède a maintenu des mesures légères de confinement et espère ainsi atteindre l’immunité collective avant la mise au point d’un vaccin. Mais avec 4.000 morts, le pays présente un nombre de décès plus élevé que ses voisins norvégiens et finlandais. Notre analyse pour comprendre pourquoi l’immunité collective reste une stratégie très dangereuse qu’aucun pays n’a voulu pleinement adopter contre le Covid-19.

L’agence européenne du médicament évalue l’autorisation de l’antiviral remdesivir

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé lundi avoir reçu une demande d’autorisation de mise sur le marché conditionnelle dans l’Union européenne de l’antiviral remdesivir pour le traitement de la maladie Covid-19. « L’EMA a actuellement reçu une demande d’autorisation de mise sur le marché conditionnelle (CMA) du médicament antiviral remdesivir pour le traitement du Covid-19 et a officiellement commencé son évaluation », a déclaré l’agence dans un communiqué. L’évaluation des avantages et des risques du remdesivir sera réalisée dans un délai réduit et un avis pourrait être émis « dans quelques semaines », en fonction de la solidité des données soumises et de la nécessité ou non de fournir des informations supplémentaires pour étayer l’évaluation, a-t-elle précisé. Aux Etats-Unis, l’Agence des médicaments (FDA) a autorisé le 1er mai l’utilisation en urgence du remdesivir dans les hôpitaux, suivie par le Japon, tandis que l’Europe envisage une décision similaire. Initialement développé en vain contre la fièvre hémorragique Ebola, le remdesivir, développé par le laboratoire américain Gilead, est la première thérapie à avoir démontré une certaine efficacité chez les patients hospitalisés pour le Covid-19 dans un essai clinique de taille significative, même si l’effet est considéré comme modeste.

En France


Une enquête pour « homicides involontaires » et « mise en danger de la vie d’autrui« 

Le procureur de Paris, Rémi Heitz, a annoncé une vaste enquête préliminaire sur la gestion de la pandémie en France. Elle repose sur des plaintes reçues par le parquet pendant le confinement pour « homicides involontaires » et « mise en danger de la vie d’autrui. » En tout, 13 procédures sont consacrées aux plaintes déposées par des associations ou des organisations syndicales. Les plaintes visent « le plus souvent »  des « personnes non dénommées », c’est-à-dire des plaintes contre X. Elles ciblent en fait « différentes instances, structures ou départements ministériels ainsi que des responsables administratifs, décideurs publics ». Mais l’enquête ne concerne ni Emmanuel Macron (qui bénéficie d’une immunité) ni les membres du gouvernement. Eux sont visés par 80 autres plaintes au sujet de la gestion du Covid-19 qui relèvent, elles, de la Cour de la justice de la République.

15 milliards d’euros pour soutenir la filière aéronautique

Bruno Le Maire a annoncé un plan de 15 miliards d’euros pour soutenir la filière aéronotique, durement touchée par la crise du coronavirus. « Nous décrétons l’état d’urgence pour sauver notre industrie aéronautique pour lui permettre d’être plus compétitive » et « plus décarbonée » en produisant l’« avion vert » de demain, a affirmé le ministre de l’Economie et des Finances. Ce plan comprend une aide financière de 7 milliards d’euros déjà accordée à Air France-KLM ainsi que deux fonds dédiés au soutien des PME (petites et moyennes entreprises) et des ETI (entreprises de taille intermédiaire). Le plan prévoit aussi un financement public d’1,5 milliard d’euros répartis sur les trois prochaines années, destinés à la recherche et au développement. Le but : « parvenir à un avion neutre en carbone en 2035 », selon Bruno Le Maire. Un tiers des 35.000 emplois de R&D de la filière aéronautique sont menacés. Grâce à ce plan, la France pourrait poursuivre la préparation de prochaines générations d’avions commerciaux, d’hélicoptères mais aussi d’afions d’affaires moins polluants.

A l’étranger

Allemagne : deux études sur l’hydroxychloroquine toujours en cours

L‘hôpital universitaire de Tübingen mène deux études cliniques afin de savoir si l’hydroxychloroquine peut venir à bout du coronavirus, en s’appuyant sur un protocole rigoureux pour ne pas mettre en danger les patients. Egalement au sommaire de cette revue de presse Allemagne, une analyse de la superpropagation : la reconstitution de la chaîne de transmission du coronavirus au sein du premier foyer allemand montre que la proximité est le principal critère de l’infection. La première, commencée dès le 29 mars, concerne 220 patients hospitalisés présentant des symptômes aigus de Covid-19. Dans le cadre de cette étude, qui selon l’infectiologue est « la première lancée en Europe« , la moitié des patients reçoivent une « dose normale » de sulfate d’hydroxychloroquine, correspondant à celle que l’on prescrit en cas de maladie auto-immune ou lors des premiers jours du paludisme, à savoir une première dose de 800 mg, puis 600 mg du 2e au 7e jour. L’autre moitié des patients reçoit un placebo ; le but fixé est l’élimination du virus. La deuxième étude a commencé plus tard, le 22 avril, et porte sur une cohorte plus étendue de 2.700 patients ne présentant que des symptômes atténués ne nécessitant pas d’hospitalisation. Le but cette fois-ci, est de ralentir le processus de la maladie. Ces deux études étant menées en double aveugle, ni le patient ni le personnel soignant ne savent quel produit, médicament ou placebo, reçoit effectivement le malade. Voici notre article pour comprendre tous les enjeux autour de ces deux études.

15 millions d’Iraniens « pourraient avoir » été contaminés

Près de 15 millions d’Iraniens pourraient avoir été contaminés par le nouveau coronavirus, explique l’agence iranienne Isna, en citant un médecin membre du comité national de lutte contre la maladie. « Selon les résultats [de diverses études], environ 15 millions d’Iraniens pourraient avoir connu une contamination par ce virus », écrit Isna en citant le Dr Ehsan Mostafavi. Ce chiffre correspondrait à un peu moins de 19% de la population de l’Iran (environ 81 millions d’habitants), où, selon les derniers chiffres officiels 175.927 cas de contaminations par le coronavirus ont été confirmés. Mais il doit être pris « avec précaution », car il s’agit d’une extrapolation à partir de tests sérologiques réalisés sur des patients ayant guéri de la maladie (afin d’identifier leurs anticorps), et « il convient aussi de mentionner que ce résultat est relativement semblable à ceux d’autres études réalisées dans le reste du monde », écrit Isna en citant le même médecin épidémiologiste.

Avec AFP et Reuters


RÉFLEXES

Les bons gestes pour se protéger



Se laver les mains très régulièrement à l’eau et au savon (au moins 20 secondes) ou à défaut au gel hydro-alcoolique, à chaque arrivée dans un nouveau lieu.

Ne pas rendre visite aux personnes âgées pour éviter de les contaminer, ni aux personnes souffrant déjà d’une autre maladie.

Se tenir à 1-1,50 mètre de distance lors des déplacements obligatoires.

Ne pas serrer la main ou faire la bise pour se saluer.

Tousser ou éternuer dans l’intérieur de son coude.

Que faire en cas de suspicion d’infection ?

Les recommandations sont ainsi formulées sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé :

J’ai des symptômes (toux, fièvre) qui me font penser au Covid-19 : je reste à domicile, j’évite les contacts, j’appelle un médecin avant de me rendre à son cabinet ou j’appelle le numéro de permanence de soins de ma région. Je peux également bénéficier d’une téléconsultation. Si les symptômes s’aggravent avec des difficultés respiratoires et signes d’étouffement, j’appelle le SAMU-Centre 15.

Pour des questions non médicales, appeler le numéro vert Coronavirus au 0 800 130 000 (gratuit, 7 jours sur 7, 24h sur 24).

 



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