Coronavirus : le point du mercredi 10 juin sur le Covid-19


Les chiffres du jour

23 décès ont été recensés en 24 heures, ce qui augmente à 29.319 le nombre total de personnes décédées en France depuis le début de l’épidémie, dont 18.935 personnes au sein des établissements hospitaliers et 10.384 en établissements sociaux et médico-sociaux.

En France, hier, SOS médecins a réalisé 125 interventions pour suspicion de COVID-19, soit 2,2 % de l’activité totale. Les services d’urgence ont noté 152 passages pour ce même motif, soit 0,5 % de l’activité totale.

RÉANIMATION. 933 malades atteints d’une forme sévère de COVID-19 sont hospitalisés en réanimation (vs 1 210 le 03/06). 23 nouveaux cas graves ont été admis en réanimation (vs 26 le 03/06). Le solde reste négatif en réanimation, avec 22 malades de COVID-19 en moins par rapport à hier. 4 régions (Ile de France, Grand-Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France) regroupent 75% des patients hospitalisés en réanimation. En Outre-Mer (Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique, Mayotte), on relève 119 hospitalisations, dont 19 en réanimation.

Depuis le début de l’épidémie, 102 933 personnes ont été hospitalisées, dont 18 141 en réanimation. 71 832 personnes sont rentrées à domicile, dont 326 ces dernières 24 heures.

– L’info du jour –

L’immunité collective n’est pas une stratégie efficace mais bien trop dangereuse pour lutter contre l’épidémie du Covid-19, d’après l’OMS (voir dans la rubrique Sciences).

Sciences


La stratégie d’immunité collective est trop dangereuse dans le cas du Covid-19

Envisagée par certains pays et mise en place par d’autres pendant un moment, l’immunité collective a vite été abandonnée car trop dangereuse. Les pays qui l’ont adoptée, comme la Suède, ne montrent pas de bons résultats dans la lutte contre le Covid-19. En théorie, l’immunité collective représente un espoir de continuer à vivre normalement, sans mesures barrière ou distanciation sociale. Mais pour atteindre ce niveau de protection au sein d’une population contre une maladie, il faut que l’agent infectieux par lequel elle se déclenche ait assez circulé au sein des individus. Les scientifiques estiment qu’environ 65% de la population doit avoir été infectée par le SARS-CoV-2 pour atteindre ce niveau de protection. Une fois acquise, l’immunité collective permet de protéger les plus fragiles. Mais l’adoption d’une stratégie d’immunité collective dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 a rapidement été critiquée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Principal inconvénient de cette stratégie, elle implique, avant d’être atteinte, de passer par une phase où les contaminations sont très nombreuses. Une explosion de cas – et donc de cas graves – auxquels les systèmes de santé peuvent difficilement répondre. 

StopCovid & Co bien utiles même sous le seuil des 60% d’utilisateurs

Ce pourcentage a été régulièrement invoqué ou cité : les applications de « contact tracing », capables de signaler aux gens qu’ils ont été en contact avec un malade du Covid-19, seraient inefficaces pour enrayer la pandémie si moins de 60% de la population les utilisaient. C’est faux. Ou du moins, il s’agit d’une erreur d’interprétation des travaux de chercheurs de l’université d’Oxford, au Royaume-Uni. Ceux-ci ont modélisé l’usage d’une telle application sur une population, avec une proportion de malades du Covid-19 qui correspondent à ceux de la réalité de la pandémie. Ils ont étudié 6 scénarios différents, avec ou sans applications. « Notre modèle montre que nous pouvons arrêter la maladie si 56 % de la population utilise l’application, et même à des taux inférieurs d’utilisation, nous estimons qu’une réduction du nombre de cas de gens touchés par le coronavirus et de décès reste possible. » En revanche, « le contact tracing basé sur des applications mobiles ne doit pas se faire à l’exclusion des autres mesures de santé publique telles les tests, la distanciation sociale et les équipements de protection (masque, gel bactériologique, lavage de mains, etc, NDLR) ».

L’application française StopCovid a été lancée début juin par le gouvernement.

En France


Un nouveau modèle estime les dates de début et de fin de l’épidémie en France

« Chaque individu ne se comporte pas de manière identique, donc on n’a pas tous la même probabilité d’être contagieux, explique Mircea Sofonea, spécialiste en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses au laboratoire Mivegec (CNRS, IRD, Université de Montpellier). Et plus le nombre de personnes contagieuses est petit, plus ces variations vont avoir un impact sur l’évolution de l’épidémie« . En prenant ces effets aléatoires en compte, les chercheurs du laboratoire Mivegec ont estimé les dates de début et fin de la vague épidémique de Covid-19 dans l’hexagone. Pour eux, les premiers cas ayant causé le démarrage de l’épidémie (qui ne sont pas forcément les premiers cas dans le territoire) sont survenus autour du 18 janvier 2020. Ils ont aussi estimé la fin de l’épidémie dans l’hexagone, en fonction du R moyen avant et après le déconfinement. Selon les chercheurs, il aurait fallu environ trois mois de confinement de plus pour éradiquer complètement l’épidémie dans le pays. Avec le déconfinement, le R moyen a augmenté légèrement, rallongeant cette échéance d’environ deux mois de plus, jusqu’au mois de novembre.

Le parquet ouvre une enquête sur la gestion de la crise en France 

Le procureur de Paris Rémy Heitz a annoncé à l’AFP l’ouverture lundi 8 juin 2020 d’une vaste enquête préliminaire sur la gestion critiquée de la crise du Covid-19 en France. Cette enquête, réponse judiciaire à l’essentiel des plaintes reçues par le parquet de Paris pendant le confinement, « n’est pas là pour définir des responsabilités politiques ou administratives », a expliqué M. Heitz, « mais pour mettre au jour d’éventuelles infractions pénales » de décideurs nationaux. Ces investigations, confiées à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), portent sur les principaux griefs émis depuis le début de l’épidémie : protection au travail, mise à disposition de masques et de tests, etc. L’enquête est ouverte pour “homicides involontaires”, “blessures involontaires”, “mise en danger de la vie d’autrui”, “abstention volontaire de combattre un sinistre”, « non-assistance à personne en péril ». Regrouper ces enquêtes va ainsi permettre, selon le procureur, d’établir un fonds documentaire commun sur l’état des connaissances scientifiques. Car « pour ce type d’infractions, le code pénal dit bien qu’il faut apprécier les responsabilités » des décideurs « au regard des moyens et des connaissances dont ils disposaient au moment des décisions”, souligne M. Heitz.

EHPAD : “Il faut sortir de cette ambiance carcérale”

Michel Le Nezet, dont la mère réside en EHPAD, a mis en ligne une pétition pour que le déconfinement soit réellement adapté aux établissements recevant des personnes âgées et dépendantes. Plus de 37.000 cas et de 14.000 décès liés au Covid-19 étaient recensés dans les établissements sociaux et médico-sociaux au 8 juin 2020. De nombreuses victimes sont issues des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), lesquels ont été contraints de prendre des mesures drastiques d’isolement pour éviter une hécatombe. Aujourd’hui, la pandémie semble sous contrôle en France et ces établissements permettent à nouveau les visites des familles. Mais à très petite dose et dans des conditions qui ne facilitent pas les échanges. Beaucoup de familles s’inquiètent de cette situation qui nuit à chaque résident en le maintenant dans un isolement déjà expérimenté du fait de ses pathologies ou de sa sénescence. Elles militent pour un déconfinement beaucoup plus large avec l’arrivée de l’été.

Nancy : 3 cas de coronavirus à la cité judiciaire qui se reconfine

Trois cas de coronavirus ont été détectés à la cité judiciaire de Nancy, de nouveau contrainte de réduire fortement ses activités, a annoncé mercredi François Pérain, procureur de la République. “A la suite de la révélation de trois cas de Covid avérés parmi les fonctionnaires et les magistrats (un cas révélé le 5 juin, deux le 9 juin), l’ARS (Agence régionale de Santé) nous a demandé de réduire l’activité de la Cité Judiciaire au minimum”, a expliqué M. Pérain. A la cité judiciaire de Nancy travaillent 150 greffiers et fonctionnaires et 61 magistrats, soit 211 personnes, sans compter les vacataires et les différents contractuels, précise-t-il. Dans l’ensemble du Grand Est, l’une des régions françaises les plus touchées par l’épidémie, 1.698 malades du Covid-19 restent hospitalisés.

A l’étranger


Le coronavirus pourrait être apparu dès l’été 2019 en Chine

Un bond dans les recherches internet des symptômes du Covid-19 et dans l’affluence dans les hôpitaux de la ville chinoise de Wuhan laissent penser que la maladie a pu apparaître sur place dès août 2019, selon les résultats d’une étude préliminaire américaine. Des experts ont ensuite déterminé qu’une version génétique antérieure du virus avait émergé à la mi-novembre 2019. Un article du quotidien hongkongais South China Morning Post, a rapporté qu’un « patient zéro » avait été trouvé le 17 novembre citant des données gouvernementales. La nouvelle étude qui n’est pas encore apparue dans une publication de la communauté scientifique a été réalisée sous le prisme d’une discipline encore récente, « l’épidémiologie digitale ». Les auteurs ont conclu que s’ils n’étaient pas en mesure d’affirmer de manière définitive que les données relevées étaient liées au Covid-19, l’étude corroborait les résultats d’une autre recherche sur le sujet. « Ces résultats corroborent aussi l’hypothèse que le virus est apparu de manière naturelle au sud de la Chine et qu’il circulait potentiellement déjà au moment du foyer épidémique de Wuhan« , ont-ils écrit.

Italie : des proches de victimes du coronavirus portent plainte

Accompagnés de leurs avocats, des membres du Comité Vérité et justice pour les victimes du Covid-19, né sur Facebook et comptant 55.000 membres, ont remis 50 plaintes au bureau du procureur de Bergame, ville martyre de Lombardie (nord) et épicentre de l’épidémie qui a frappé l’Italie de début février à mai. « Nous ne voulons pas la vengeance, nous voulons la justice », a expliqué Stefano Fusco, 31 ans, dont le grand-père est décédé en mars, l’un des fondateurs de ce groupe Facebook. Les plaintes ont été déposées à Bergame car “cette ville est le symbole de la tragédie qui a touché tout le pays”, a expliqué M. Fusco. C’est une première action en justice du genre dans la péninsule où l’épidémie a fait près de 34.000 morts.

L’Union Européenne invitée à une réouverture “progressive” de ses frontières en juillet

La Commission européenne a proposé mercredi une réouverture “progressive” des frontières extérieures de l’UE à partir du 1er juillet, alors que le déconfinement se poursuit en Europe. « A la fin de 2021, la perte de revenu dépassera celle de toutes les récessions précédentes au cours des cent dernières années sauf en période de guerre, avec des conséquences terribles et durables pour les populations, les entreprises et les gouvernements », a affirmé mercredi la cheffe économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Laurence Boone. 

En Grèce, la production de chloroquine explose

Loin de la controverse qui agite la communauté scientifique dans le monde, la Grèce a repris la production de chloroquine en pleine pandémie et poursuit ses essais cliniques selon une “approche calme et distante”. La société Uni-Pharma, située à Nea Kifissia, dans la banlieue nord d’Athènes, a su réactiver à temps une vieille licence de fabrication de ce médicament qui dans les années 90 était exporté en Afrique pour le traitement du paludisme. Dans la foulée, cinq tonnes de matière première ont été importées d’Inde et le laboratoire s’est mis « en état d’alerte », se souvient la chimiste Evangelia Sakellariou. “Le week-end du 21 mars, on travaillait constamment, nous étions sous pression et en 30 heures on a produit 24 millions de doses, offertes alors au système national de santé grec”, raconte-t-elle. Selon des épidémiologistes du pays, la chloroquine est considérée efficace surtout aux premiers stades de la maladie et a été administrée en combinaison avec l’azithromycine aux patients hospitalisés. Et le fait que le coronavirus ait fait peu de morts en Grèce “n’a pas alimenté le débat sur le traitement”, explique Markos Ollandezos.


 RÉFLEXES

Les bons gestes pour se protéger



Se laver les mains très régulièrement à l’eau et au savon (au moins 20 secondes) ou à défaut au gel hydro-alcoolique, à chaque arrivée dans un nouveau lieu.

Ne pas rendre visite aux personnes âgées pour éviter de les contaminer, ni aux personnes souffrant déjà d’une autre maladie.

Se tenir à 1-1,50 mètre de distance lors des déplacements obligatoires.

Ne pas serrer la main ou faire la bise pour se saluer.

Tousser ou éternuer dans l’intérieur de son coude.

Que faire en cas de suspicion d’infection ?

Les recommandations sont ainsi formulées sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé :

J’ai des symptômes (toux, fièvre) qui me font penser au Covid-19 : je reste à domicile, j’évite les contacts, j’appelle un médecin avant de me rendre à son cabinet ou j’appelle le numéro de permanence de soins de ma région. Je peux également bénéficier d’une téléconsultation. Si les symptômes s’aggravent avec des difficultés respiratoires et signes d’étouffement, j’appelle le SAMU-Centre 15.

Pour des questions non médicales, appeler le numéro vert Coronavirus au 0 800 130 000 (gratuit, 7 jours sur 7, 24h sur 24).

Avec AFP et Reuters



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