Coronavirus : le point du samedi 13 juin sur le Covid-19


– L’info du jour –

Une hausse des cas dans le Grand Est

Trois départements du Grand Est, une des régions les plus touchées par la première vague de l’épidémie de Covid-19, voient leurs indicateurs monter depuis le 2 juin 2020, le jour où les indicateurs à suivre pour la phase 2 du déconfinement ont été annoncés. Dans ces trois départements (la Marne, la Meuse et Meurthe-et-Moselle), le seuil de vigilance du taux d’incidence a été franchi et le nombre de reproductions (R) est désormais au-dessus de 1, c’est-à-dire que l’épidémie n’y ralentit plus, contrairement à l’ensemble de la France. Selon les donnés de Santé publique France, disponibles sur le site Géodes, le taux d’incidence (le nombre de nouveaux cas par semaine par 100.000 habitants) a triplé dans ces départements, passant de 6 dans la Marne, 8,3 dans la Meuse et 7 en Meurthe-et-Moselle le 1er juin à 20,4, 30,8 et 26,3 respectivement au 8 juin (voir graphique ci-dessous), bien au-dessus du seuil de vigilance, fixé à 10 par le ministère de la Santé. Notre analyse complète de la situation dans le Grand Est.

Le taux d’incidence, calculé comme le nombre de cas positifs sur une semaine pour 100.000 habitants). La ligne pointillée orange indique le seuil de vigilance et la ligne rouge le seuil d’alerte. Bleu = la France, violet = le Grand Est, jaune = la Meuse, rouge = la Marne, vert = Meurthe-et-Moselle. Cliquez pour voir en plus grand. Crédit : Nicolas Gutierrez C.

Sciences


Covid-19: le virus est-il sensible aux saisons ?

L’idée avait émergé dès les premiers jours de l’épidémie de Covid-19 en Europe : et si le virus SARS-CoV-2 disparaissait avec l’arrivée des beaux jours, comme une vulgaire grippe saisonnière ? Trois mois plus tard, la décrue générale observée sur le vieux continent en cette fin de printemps, ravive l’hypothèse d’une « saisonnalité » pour le nouveau coronavirus. L’idée n’est pas farfelue pour un « virus respiratoire » et a même fait l’objet de plusieurs études parmi l’avalanche de publications scientifiques qui a accompagné la vague pandémique. « De nombreux virus respiratoires sont saisonniers, comme celui de la grippe ou le VRS (Virus respiratoire syncytial, responsable des bronchiolites chez le nourrisson, ndlr)« , observe l’épidémiologiste Antoine Flahault. Le SARS-CoV-2 pourrait donc, lui aussi, être sujet à l’influence des saisons : températures, humidité, ensoleillement ou comportements humains. Quels arguments à l’appui d’une telle assertion? Tout d’abord, c’est « en hiver » et « en Chine continentale » que ce virus a émergé fin 2019. Ensuite « il a entraîné de fortes épidémies dans les zones tempérées de l’hémisphère nord entre janvier et mai » énumère le Pr Flahault, alors que « son activité était moindre dans les zones tempérées de l’hémisphère sud« . Depuis quelques semaines, « nous connaissons un peu partout une décrue prononcée, sauf dans certaines régions de l’hémisphère nord comme la Suède, la Pologne et certains États des USA« , poursuit l’expert qui dirige l’Institut de Santé Globale de l’Université de Genève. A l’inverse, « à l’approche de l’hiver austral, l’Argentine, le Chili, le sud du Brésil, l’Afrique du Sud connaissent des croissances épidémiques fortes qui nous rappellent les nôtres il y a quelques mois« , ajoute-t-il. Fin mai, le professeur Antoine Flahault nous expliquait quelles leçons tirer de l’épidémie. Un grand entretrien à relire sur Sciences et Avenir.

Un laboratoire alsacien espère lancer bientôt des autotests de dépistage du Covid-19

Une piqûre au bout d’un doigt, une goutte de sang prélevée et déposée sur un petit test, et deux gouttes de diluant : une entreprise alsacienne espère bientôt proposer en vente libre, au grand public, des autotests rapides de diagnostic du Covid-19. « Techniquement, il est prêt, on attend l’autorisation de mise sur le marché« , assure Gaël Levy, directeur industriel de Biosynex, société implantée dans la banlieue sud de Strasbourg. L’autotest serait quasiment similaire au Trod (test rapide d’orientation diagnostique) au Covid-19, que l’entreprise assemble et vend actuellement, mais seulement aux laboratoires de biologie médicale et aux hôpitaux. Depuis le lancement de la production il y a quatre semaines, l’entreprise en a assemblé environ 400.000 sur son site alsacien. Face à l’épidémie, il a fallu aller vite. Pour augmenter rapidement sa cadence, Biosynex a relocalisé une partie de sa production, recruté plus de 50 personnes et investi 3 millions d’euros. Une stratégie payante : à la fin mai, l’entreprise estime que son chiffre d’affaire a augmenté de plus de 16 millions d’euros grâce à son supplément d’activité liée au Covid-19, selon son PDG, Larry Abensur. « Aujourd’hui, on a une capacité de production de quasiment 50.000 tests par jour. Nous pourrions monter aux alentours de 100.000« , pointe M. Levy. Le reportage complet est à retrouver ici.

A lire pour tout comprendre. Covid-19 : tests sérologiques ELISA, TDR, TROD, auto-test, quelle différence ?

En France


La prime exceptionnelle pour les soignants entre en vigueur

La « prime Covid » de 1.000 à 1.500 euros, promise par le gouvernement aux personnels des hôpitaux et des Ehpad va entrer en vigueur dimanche. Ce samedi 13 juin, elle est parue au Journal officiel. Elle est exonérée de toutes les cotisations et contributions sociales, ainsi que de l’impôt sur le revenu. Destinée aux personnels ayant exercé entre le 1er et le 30 avril, elle atteindra 1.500 euros dans une quarantaine de départements, les plus durement touchés par l’épidémie, principalement ceux du Nord et de l’Est, la Corse, mais aussi l’Ile-de-France et notamment Paris. Dans les autres départements, une soixantaine, le montant baisse à 1.000 euros. Cette prime défiscalisée avait été annoncée le 7 mai par le ministre de la Santé, Olivier Véran, « pour valoriser l’engagement sans faille pendant cette crise » des personnels hospitaliers et des établissements hébergeant des personnes âgées (Ehpad).

Les compétitions de tennis reprennent en juillet en France, y compris pour les professionnels

Le sport aussi se déconfine en France. Les compétitions de tennis vont reprendre à partir du mois de juillet, pour les amateurs comme pour les professionnels. Ces derniers vont pouvoir jouer sur un mini-circuit mis en place dans le Sud de la France, selon l’annonce de la Fédération française (FFT). Un projet imaginé à l’origine par Thierry Ascione, ancien joueur, aujourd’hui entraîneur de Jo-Wilfried Tsonga. Ce « Challenge Elite FFT » est composé de trois tournois en région Alpes-Provence-Côte d’Azur qui se joueront du 6 au 25 juillet à Nice (6-11 juillet), Cannes (13-18 juillet), et Villeneuve-Loubet (20-25 juillet). Pourront participer à ce mini-circuit 24 joueurs et 12 joueuses « éligibles aux Qualifications et aux grands tableaux des tournois du Grand Chelem (avec 4 wild-cards pour les messieurs et 2 pour les dames) », précise la FFT.

A l’étranger


Rebond du coronavirus en Chine: onze quartiers de Pékin confinés en urgence

Plusieurs dizaines d’habitants de Pékin ont été testés positifs au nouveau coronavirus, confirmant l’émergence d’un nouveau foyer de contamination dans la capitale chinoise, où un confinement d’urgence a été ordonné dans onze quartiers. Ces nouveaux cas font craindre une résurgence de l’épidémie en Chine, où était apparue l’an dernier la maladie Covid-19, dans la ville de Wuhan (centre), que les autorités étaient parvenues à contrôler par des strictes mesures de quarantaine. Ces mesures ont été levées au fur et à mesure que le nombre de cas de contamination reculait et la majorité des cas enregistrés ces derniers mois étaient des habitants vivant à l’étranger et testés positif à leur retour en Chine. La Chine a officiellement dénombré 4.634 décès provoqués par la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 422.000 morts dans le monde. Le marché Xinfadi, dans le district de Fengtai, dans le sud de Pékin, a été fermé, après avoir été relié à la plupart des contaminations. Sept cas de contamination au Covid-19 ont été recensés dans les environs de ce marché de viande, de poisson et de légumes, dont six samedi, selon les autorités sanitaires. Mais 45 autres cas, asymptomatiques, ont été détectés après des tests pratiqués vendredi sur près de 2.000 employés du marché, a indiqué un responsable de la santé de Pékin, Pang Xinghuo.

Le nombre de décès au Brésil approche les 42.000

Au Brésil, les mesures de confinement ont été assouplies alors que le pays compte désormais le plus grand nombre de morts après les Etats-Unis. Crédit photo: Allan Carvalho / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le Brésil a recensé 909 décès causés par le coronavirus au cours des vingt-quatre dernières heures, a rapporté le ministère de la Santé brésilien, ce qui porte le total à 41.828 morts depuis le début de l’épidémie. C’est désormais le bilan le plus lourd au monde après les Etats-Unis et devant la Grande-Bretagne. Le nombre de cas confirmés de contamination s’est lui alourdi à 828.810, dont 25.982 nouvelles infections répertoriées au cours des vingt-quatre dernières heures, selon les données du ministère. Un représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a cependant estimé que le système de santé brésilien tenait toujours bon. « Les données dont nous disposons à l’heure actuelle soutiennent (la vision) d’un système sous pression mais qui continue de faire face au nombre de cas graves« , a déclaré Mike Ryan, chargé de la gestion des situations d’urgence sanitaire à l’OMS, lors d’une conférence de presse à Genève. Toutefois, les mesures de confinement ont été assouplies cette semaine avec notamment la réouverture des commerces, à l’appel du président Jair Bolsonaro. Le dirigeant d’extrême droite a minimisé la gravité de la crise sanitaire, décrivant le coronavirus comme une « petite grippe« , et a accusé les gouverneurs des Etats d’alourdir artificiellement le bilan de l’épidémie à des fins politiques.

Le Japon lance à son tour son application anti-coronavirus

Le Japon a l’intention de lancer à son tour la semaine prochaine une application pour smartphone basée sur la technologie d’Apple et Google d’Alphabet censée contribuer à freiner la propagation du coronavirus, a annoncé le ministère de la santé du Japon. L’application, qui a besoin de Bluetooth pour fonctionner, permet de prévenir les personnes ayant été en contact (moins d’un mètre de distance pendant plus de 15 minutes) avec une personne contaminée par le coronavirus au cours des 14 jours précédents. D’après le ministère de la santé, les utilisateurs d’application qui ont été en contact avec un malade pourront obtenir rapidement une assistance au centre de santé publique et être testés au COVID-19. « Nous pensons qu’une augmentation du nombre d’utilisateurs contribuera à empêcher la propagation du virus« , souligne le ministère. Afin de protéger la vie privée des utilisateurs, l’application japonaise ne collecte pas de données personnelles et la personne infectée restera anonyme pour les destinataires. De très nombreux pays ont lancé ce type d’application, dont la France, suscitant à chaque fois une controverse sur leurs risques potentiels en matière de libertés individuelles. En France, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) avait estimé que l’application pouvait être légalement déployée, comme le rappelle notre article.

Avec AFP et Reuters



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