Covid-19: 180 scientifiques fragilisent l’étude du Lancet sur l’hydroxychloroquine


Sapan Desai, l’auteur des données ayant nourri l’étude de Lancet, a un passé aussi profond que les big data.

Un groupe de 180 scientifiques du monde entier, dont des chercheurs et des statisticiens, a écrit une lettre ouverte au Lancet concernant la récente étude publiée le 22 mai 2020 et montrant l’augmentation du taux de mortalité dans le traitement du covid-19 induit par l’hydroxychloroquine. L’étude s’était fondée sur les big data, en analysant des données provenant de Surgisphere Corporation, une société de 11 employés créée en 2008 et, jusqu’à un passé, récent active dans la vente des livres de médecine aux étudiants. Le PDG de la société en question, Sapan Desai, est l’un des quatre coauteurs de l’étude de The Lancet. La double casquette de ce chirurgien dont certains livres sur Amazon ont été retiré après protestations d’autres auteurs pour quasi-similitude de leurs oeuvres avec celle de Surgisphère, suscite des interrogations.

Autre fait soulevé et des moindres, la vaste base de données utilisée par l’étude publiée dans The Lancet. Il est bien indiqué que l’article s’appuie sur le dossier de 96 032 patients de 671 hôpitaux sur six continents. Problème, la base de données en question n’est accessible que par Surgisphere qui ne donne pas les noms des hôpitaux impliqués dans l’étude. Secret médical ?

De plus, l’étude, qui compile les données par continent et non pays par pays comme suggéré par les auteurs de la lettre ouverte, comporte de nombreuses erreurs relevées par la communauté scientifiques. Par exemple, l’ensemble de données de Surgisphere incluait 73 décès en Australie au 21 avril alors que l’Université Johns Hopkins, qui suit les cas de COVID-19 et les décès depuis le début de l’épidémie, n’en comptait que 67 à ce stade, a rapporté le Guardian. Sous le feu des critiques, les auteurs de l’étude ont reconnu une erreur de Big Data sur les données australiennes mais continuent de défendre la pertinence de leur travail.

Autre question soulevée, les données portant sur l’Afrique. La proportion de patients COVID-19 sur le continent noir ressort «plutôt élevée». En effet, alors que seuls 15.738 cas de COVID-19 avaient été signalés à travers le continent par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies en date du Le 14 avril, l’étude prétend avoir des données – y compris des dossiers de santé électroniques détaillés – pour 4 402 patients hospitalisés jusqu’à cette même date. Un était de faits qui ne correspond pas avec la réalité africaine.

Les 180 signataires de la lettre ouverte dont 17 africains appellent à la publication des données des patients et aux conclusions devant être validées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou au moins par une autre institution indépendante. Seul hic, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déjà pris acte de l’étude en suspendant les essais cliniques sur le médicament en question, dérivé de l’hydroxychloroquine. Le scientifique en chef de l’OMS, Soumya Swaminathan, qui avait validé cette étud, refera-t-il une nouvelle conférence de presse à la lumière de l’inquiétude des milieux scientifiques pour revenir sur une décision pour le moins hâtive ?



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