Covid-19: à Saint-Etienne, un essai clinique dédié aux soignants


«  L’originalité de cette étude est qu’elle ne s’adresse pas seulement aux soignants de l’hôpital, il y aura aussi des médecins et infirmiers libéraux et des personnels d’Ehpad ». Ce sont tous des soignants exposés au Covid-19. Le professeur Elisabeth Botelho-Nevers est responsable du service clinique d’Infectiologie du CHU de Saint-Étienne.

L’établissement ligérien est le promoteur de cet essai réalisé en collaboration avec l’Institut Pasteur et avec neuf autres CHU de France. Tous recherchent 600 volontaires. Une vingtaine de bénévoles sont déjà inclus dans la Loire, l’essai ayant commencé cette semaine à Saint-Étienne. Les autres centres débutent la semaine prochaine.

L’essai présente plusieurs volets et inclut la fameuse hydroxychloroquine mais aussi la conjugaison lopinavir/ritonavir (anti-viral), les deux contre placebo. C’est un essai en double aveugle, c’est-à-dire que ni le patient ni le médecin ne sauront si le traitement pris contient une molécule active ou un placebo. Ces médicaments sont connus de longue date et plutôt bien tolérés.

L’essai va s’étendre sur deux mois et les volontaires devront passer un électrocardiogramme chaque semaine. En outre, ils auront des bilans avec prélèvement naso-pharyngé, prise de sang dont des sérologies. «  On ne sait pas si les stratégies proposées vont prévenir l’infection. »

Un comité indépendant va analyser les données. «  On pourra stopper si ça ne marche pas » précise Elisabeth Botelho-Nevers. Et si ça marche très bien, il est également possible d’arrêter l’étude pour proposer tout de suite l’une des solutions aux soignants et peut-être, à terme aux, plus fragiles.

« On ne sait pas comment l’épidémie va évoluer »

Quand seront connus les résultats ? «  Dans cette crise, il est important de ne rien publier avant d’être sûr de ce que l’on affirme. En outre, on ne sait pas comment l’épidémie va évoluer » souligne le professeur stéphanois. Pour l’instant, l’urgence selon l’infectiologue, «  c’est de recruter au plus vite ».

Le volet sociétal de cette maladie n’est pas oublié. L’espoir du plus grand nombre repose sur un vaccin. Mais, lorsqu’il sera proposé, comment se comporteront les anti-vaccins ? L’équipe d’Élisabeth Botelho-Nevers a lancé elle aussi le débat chez les soignants et sur les réseaux sociaux pour connaître la part des pour et des contre.

Les soignants qui souhaitent se porter volontaires ou avoir des renseignements sur cette étude doivent se rendre sur le site internet : www.chu-st-etienne.fr puis cliquer sur : Essai clinique COVIDAXIS et enfin remplir la fiche de participation.

D’autres études en cours

Beaucoup d’autres travaux autour du Covid-19 sont en cours au CHU de Saint-Étienne. Ce qui fait dire au professeur Elisabeth Botelho-Nevers : «  Le CHU a vraiment mis toutes ses forces vives de recherche clinique dans les investigations ».

– L’essai clinique européen Discovery, coordonné par l’Inserm, concerne une trentaine de patients du CHU hospitalisés en médecine ou en réanimation.

– L’essai baptisé Hycovid, et piloté par Angers, tente de répondre à la question de l’impact de l’hydroxychloroquine sur les patients Covid à haut risque d’aggravation. Trente-six hôpitaux français apportent leur contribution à cette enquête.

– Sur le seul CHU stéphanois, les réanimateurs développent une méthode pour ajuster au mieux les doses de médicaments chez les patients infectés, c’est un autre travail dont les résultats sont attendus prochainement.

– Les gériatres, de leur côté, participent également à des essais thérapeutiques. S’il est trop tôt pour conclure, il est important de noter que les plus âgés ne sont pas abandonnés par la médecine ni la recherche.



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