COVID-19: comment l’Estrie a-t-elle réussi à reprendre le dessus?


Les augmentations quotidiennes du nombre de cas de COVID-19 se comptent dorénavant sur les doigts d’une main en Estrie, quand il y en a. C’est tout un changement par rapport au début de la pandémie, quand la région était la plus touchée au Québec. 

«Contrairement à Montréal, aucun CHSLD chez nous n’a été touché par la COVID-19», a expliqué le directeur régional de la santé publique, le Dr Alain Poirier. 

Dans cette région, où les sports de glisse sont particulièrement populaires à cause du mont Orford et de Bromont, plusieurs groupes étaient partis en voyage de ski dans les Alpes à la semaine de relâche. 

Bon nombre d’entre eux sont revenus contaminés à la mi-mars, ce qui a fait bondir les statistiques. 

«On a fait des enquêtes et on a retrouvé des gens qui avaient été en contact avec eux et qui éprouvaient de légers symptômes, mais qui n’auraient pas été testés si on ne les avait pas approchés. On parle de personnes assez jeunes, des jeunes familles entre autres, donc le virus a été facile à traiter», a détaillé le Dr Poirier. 

À un certain moment, Alain Poirier travaillait pratiquement seul au bureau puisqu’une quarantaine de ses employés avaient été déclarés positifs. 

La situation est en voie de revenir à la normale, et l’ambiance était plutôt bonne dimanche à la santé publique de l’Estrie: la région n’a pas enregistré de nouveaux décès depuis deux semaines. 

Jusqu’ici, 25 personnes atteintes du coronavirus, toutes âgées de plus de 60 ans, ont perdu la vie. Le seul foyer d’éclosion majeur était une Résidence Soleil de Sherbrooke. 

«C’est une résidence privée. En CHSLD, les résidents demandent beaucoup plus de soins, et ça aurait été encore plus grave. Les CHSLD, c’est vraiment le nerf de la guerre. Peut-être qu’on était mieux organisé qu’à Montréal pour que ça ne rentre pas là, mais c’est dur à dire», a laissé tomber le Dr Poirier. 

Pas de conseil pour Montréal 

Comparer les régions, les provinces et les pays entre eux reste de toute manière un exercice périlleux, a-t-il tenu à ajouter. 

«Il n’y a jamais une seule cause qui explique qu’un virus touche plus un endroit qu’un autre. Un virus mute, peut-être qu’un jour, on va découvrir que le virus qui est entré en Colombie-Britannique et en Alberta n’est pas le même que celui au Québec», a-t-il analysé.

Chose certaine, le Dr Poirier est convaincu que sa région est mûre aujourd’hui pour le déconfinement. Il sera toutefois important de maintenir la distanciation physique. 

«Le confinement a bien fonctionné dans les régions, tellement que peu de gens ont eu le virus. Ça veut dire qu’on n’est pas à l’abri de l’avoir. Et c’est dans les régions les moins touchées que la population est la plus vieillissante, et donc la plus susceptible», a-t-il averti. 

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