COVID-19: des centaines de Canadiens prêts à se faire infecter pour la science


Alors que les chercheurs prévoient qu’il faudra au moins une année pour développer un vaccin contre la COVID-19, des milliers de volontaires en bonne santé, dont des centaines de Canadiens, se disent prêts à se faire infecter par le virus pour pouvoir tester un éventuel vaccin.  

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L’organisme 1 Day Sooner a entamé la création d’une banque de candidatures pour une potentielle étude basée une infection contrôlée d’humains. Depuis le lancement de la campagne, au mois d’avril, plus de 22 500 personnes provenant d’une centaine de pays dans le monde se sont inscrites.  

Parmi elles, il y aurait au moins 300 Canadiens prêts à prendre des risques avec leur santé au nom du bien commun, selon CTV News.  

Le cocréateur de la plateforme 1 Day Sooner, Josh Morrison, a expliqué à CNN avoir été inspiré par un article scientifique s’attardant aux tests menés sur les humains.  

«Je me suis dit « est-ce que je voudrais faire ça ». Je suis plutôt jeune, 34 ans, et en bonne santé. Et je me suis dit « oui, je crois que je le voudrais »», a raconté le résident de New York, l’une des villes les plus durement touchées au monde par le coronavirus.  

À l’heure actuelle, aucun pays n’a lancé de tests impliquant des cobayes humains. Les signataires ne sont donc pas inscrits pour un essai, mais ont simplement exprimé leur intérêt pour un éventuel test en fournissant leurs coordonnées.  

«Trop tôt» pour ce type de méthode?  

Le fait d’infecter délibérément des gens pour la science est une méthode qui a déjà été utilisée, notamment pour développer des traitements contre la variole, la grippe ou encore le paludisme.  

Interrogé par CTV News, Santé Canada a indiqué n’avoir reçu aucune demande d’études pour des tests de provocation pour des vaccins pour la COVID-19. Un porte-parole de l’agence fédérale, André Gagnon, a toutefois déclaré qu’il «pourrait être possible» de mener une telle étude «si elle était soigneusement contrôlée». «Cependant, avant de le faire, nous devons disposer d’informations suffisantes sur les risques potentiels du virus et sur la manière de les atténuer», a-t-il précisé à CTV News, par communiqué.  

En raison de l’intérêt croissant pour ce type d’essais, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un ensemble de directives en cas de lancement. Les participants doivent, par exemple, être âgés de 18 à 30 ans et n’avoir aucun problème de santé sous-jacent. L’OMS a également recommandé que ces derniers ne reçoivent qu’une «faible» dose du virus.  

En entrevue à CTV News, Jonathan Kimmelman, professeur d’éthique biomédicale à l’Université McGill, s’est dit préoccupé par les risques. Il explique qu’il est encore trop tôt pour ce genre de tests, car les chercheurs apprennent toujours comment COVID-19 affecte différents types de personnes, et il n’y a actuellement aucun «médicament de secours» qui pourrait être donné à un volontaire en bonne santé qui développe des complications graves.  

«Les types de personnes dont nous avons réellement besoin pour utiliser le vaccin seront des personnes qui ne ressemblent pas à des jeunes de 20 ans en bonne santé. Il s’agit de population âgée, des personnes immunodéprimées, etc.», a-t-il ajouté.  

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