Covid-19 et canicule : un cocktail dangereux annoncé


Cet été sera chaud, probablement au point de battre des records dans plusieurs endroits de l’hémisphère Nord. Un risque de saturation, prédit l’Organisation mondiale de la santé, pour les services hospitaliers déjà fragilisés par la pandémie de coronavirus. «De nombreuses catégories de personnes sont vulnérables à la fois à la Covid-19 et à la chaleur, a averti mardi l’organisation dans une déclaration. Il s’agit notamment des personnes âgées de plus de 65 ans et surtout de plus de 85 ans. Celles souffrant de problèmes de santé sous-jacents tels que les maladies cardiovasculaires, pulmonaires, du rein, diabète et obésité sont également à risque, tout comme celles souffrant de problèmes de santé mentale (troubles psychiatriques, dépression).»

Sécheresse

Dans l’Hexagone, Météo France a déjà conclu qu’avec «une température moyenne de plus de 16,5 °C, mai 2020 figurera parmi les trois mois de mai les plus chauds, avec 2011 (16,9 °C) et 1999 (16,7 °C)». Il vient clôturer un printemps placé au deuxième rang des plus chauds jamais enregistrés. L’été promet de suivre la même dynamique. Le trimestre prochain devrait dépasser les normales de saison sur toute l’Europe, a annoncé le service français. Dans ce contexte, le ministère de la Transition écologique anticipe déjà une sécheresse sévère dans le centre, l’est et le nord-est du pays. Certains agriculteurs en souffrent déjà.

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Ces températures exceptionnelles sont cohérentes avec les modèles scientifiques sur le dérèglement du climat mondial. «Au niveau gouvernemental, une coordination et une préparation à la chaleur accrues, notamment l’examen et la modification des plans chaleurs et des orientations locales, devraient avoir lieu maintenant, avant le début de la saison de chaleur», appelle l’agence onusienne. Sous l’effet conjugué d’une forte humidité et d’une température de plus de 35 degrés, le corps humain ne peut plus se refroidir par la transpiration.

Inondations

Ouragans, inondations, incendies, cette chaleur inhabituelle devrait, en plus, renforcer certains événements météorologiques extrêmes. Aux Etats-Unis, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a revu ses prédictions à la hausse le 21 mai et prévoit «une saison d’ouragans dans l’Atlantique au-dessus de la normale» cette année. Six à dix tempêtes tropicales pourraient atteindre le stade d’ouragan, contre une moyenne de six sur la période 1981-2010. Parmi celles prévues cet été, trois à six pourraient être classées dans la catégorie ouragans majeurs (c’est-à-dire atteignant au moins la catégorie 3 sur 5 de l’échelle de Saffir-Simpson).

«La saison cyclonique démarre officiellement le 1er juin pour finir le 30 novembre, mais un premier phénomène nommé Arthur s’est déjà développé au cours de ce mois de mai, au large de la Floride, et a longé les côtes américaines», souligne Météo France sur son site.

Les conséquences de cette année particulièrement chaude sur le système climatique se font déjà sentir durement dans certaines régions du globe. Le 20 mai, l’Inde et le Bangladesh ont été frappés par le plus violent ouragan observé dans la zone depuis 1999 : le cyclone Amphan. Avant son arrivée sur les terres, il a vu sa puissance renforcée, dans un premier temps, par des eaux anormalement chaudes pour la saison dans le golfe du Bengale.

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Des pluies intenses et des glissements de terrain ont tué, ces dernières semaines, plusieurs centaines de personnes au Kenya, en Ouganda, en Somalie, au Rwanda et en Ethiopie. Des pays qui souffrent déjà fortement d’une invasion de criquets dévastatrice qui s’étend, elle, jusqu’au Pakistan et déborde sur l’Asie du Sud.

Le dérèglement et l’intensification des régimes de pluies font partie des conséquences avérées du changement climatique. Avec la hausse du mercure, l’évaporation de l’eau dans les océans augmente et surcharge les nuages. Des conditions favorables à d’intenses épisodes de pluies.

Les fortes chaleurs ne doivent pas pour autant pousser les Français vers les magasins de climatiseurs. Ces systèmes ne rafraîchissent que localement, émettent à l’extérieur de l’air chaud et sont très énergivores.


Aude Massiot





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