COVID-19: Évelyne Viens isolée au New Jersey


Débarquée au New Jersey il y a un mois après une brillante carrière dans la NCAA pour préparer sa première saison dans les rangs professionnels au sein de la National Women Soccer League (NWSL) le pendant de la MLS chez les femmes, Évelyne Viens se retrouve plutôt en isolement depuis trois semaines et doit respecter un couvre-feu à 20 h dans le deuxième état américain le plus touché par la pandémie de COVID-19.

Résidente de Florham Park qui se retrouve à cinq minutes de Morristown, ville située à 40 minutes de New York qui est l’épicentre du virus aux États-Unis, Viens constate les inquiétudes de la population.

« Je vois le stress des gens plus âgés, a souligné l’attaquante du Sky Blue FC du New Jersey qui fut sélectionnée au 5e rang lors du repêchage de la NWSL tenu le 16 janvier dernier à Baltimore. Je n’ai pas l’habitude d’aller à l’épicerie et de voir des gens porter un masque. La ville est un peu fantôme et il n’y a personne sur la rue principale. Tous les commerces ferment à 20 h. Je ne sors que pour aller à l’épicerie et à la pharmacie. »

« Je fais attention à l’épicerie et je désinfecte mon panier, mais pas au point de porter un masque, de poursuivre l’ancienne attaquante étoile des Bulls de South Florida (Tampa Bay) qui a conclu son parcours dans la NCAA de brillante façon cet automne en menant son équipe à la 3e ronde du tournoi national de fin de saison. Il manque tellement de masques et je ne fais pas partie des gens à risque. »

L’attaquante du Sky Blue songe-t-elle à rentrer à la maison rejoindre sa famille ? « Ça ne serait pas avantageux de rentrer à Québec parce que je devrais être en quarantaine, a-t-elle expliqué. Aussi, je ne veux pas mettre mes parents à risque. Mes parents étaient inquiets pour moi, mais on se parle souvent, plus souvent qu’en Floride où mon horaire était bien rempli. J’ai tellement de temps ici qu’on peut se parler pratiquement à tous les jours. Mes parents savent que je suis bien entourée. La Ligue nous a demandé de rester dans nos marchés respectifs et c’est ce que je fais. Je n’ai pas pensé rentrer. »

Un deuxième report

Élue sur les équipes d’étoiles de la NCAA à ses trois dernières campagnes avec les Bulls, Viens poursuit l’entraînement comme elle peut en prévision de la saison. Elle devait disputer son premier match le 19 avril à Orlando, mais le circuit de concert avec la Santé publique ont repoussé il y a quelques jours les débuts de la saison au 5 mai. Il s’agissait d’un deuxième report.

L'attaquante du Sky Blue FC du New Jersey (à gauche) a pu s’entraîner avec ses coéquipières pendant une semaine avant la période d’isolement.

photo courtoisie, Ashley INTILE

L’attaquante du Sky Blue FC du New Jersey (à gauche) a pu s’entraîner avec ses coéquipières pendant une semaine avant la période d’isolement.

« Il y a un terrain synthétique à côté de chez moi et je m’y entraîne avec ma colocataire (Kaleigh Riehl), a-t-elle raconté. Parce qu’il ne fait pas toujours chaud au New Jersey, je m’entraîne aussi dans mon appartement. On a tenu cinq entraînements avant que les activités soient suspendues. À l’exception des filles des équipes nationales du Canada et des États-Unis, toutes les joueuses sont ici et on habite dans le même complexe. »

Lancée en 2012, la NWSL compte neuf formations et devait présenter un calendrier de 24 parties.

« Nous sommes bien traitées »

Évelyne Viens aurait souhaité amorcer sa carrière comme prévu, mais elle comprend que le sport n’est pas la priorité pour le moment.

« Cet arrêt n’arrive pas au meilleur moment parce que je m’étais entraîné fort à mon retour en Floride après le repêchage de janvier pour être prête pour le camp d’entraînement, raconte l’attaquante du Sky Blue FC du New Jersey. C’est décevant de faire un pas en arrière, mais nous sommes toutes dans le même bateau. Je peux quand même continuer de m’entraîner et je regarde le côté positif. »

Viens sent un bon appui du circuit et de la direction du Sky Blue. « Je ne peux pas chialer, a-t-elle résumé. Nous sommes bien traitées. On reçoit notre salaire. Notre appartement et nos assurances sont payés. Nous sommes chanceuses que la Ligue continue de nous appuyer. »

Viens est en contact régulièrement avec la direction du circuit qui les tient informer de l’évolution de la situation et celle de l’équipe.

« Le directeur général m’écrit souvent et leur désir est qu’il y ait une saison même si le calendrier de 24 parties sera possiblement écourté selon l’évolution de la crise, a-t-elle mentionné. On s’informe de ma santé. Nous avons des rencontres virtuelles pour apprendre à se connaître de façon différente par le biais de jeux-questionnaires. On a aussi des vidéoconférences avec l’entraîneur et la physiothérapeute ainsi que des séances de yoga. Je suis toujours avec ma colocataire et coéquipière, mais on s’entend très bien. » 

Creux de vague

Compte tenu de l’incertitude qui lui pend au bout du nez et l’anxiété qui s’invite, Viens a connu un petit creux de vague la semaine dernière. « Parce que nous sommes dans le néant quant à une éventuelle date de reprise, j’ai frappé le mur la semaine dernière, a-t-elle confié. Pendant deux jours, j’étais moins motivée. Je réalise que je dois être prête à toute éventualité et j’ai retrouvé la bonne mentalité. Avec ma colocataire, on s’entraîne sur le terrain synthétique à côté de l’appartement et on suit le programme de préparation physique de l’équipe à l’intérieur. »



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