COVID-19: L’Alberta s’attend à des milliers de morts


EDMONTON | Le premier ministre Jason Kenney a annoncé, mardi soir, que le pic de l’épidémie dans sa province pourrait arriver vers la mi-mai et que des milliers d’Albertains pourraient mourir de la maladie.

Emboitant le pas au Québec, M. Kenney a présenté, dans un discours adressé aux Albertains, divers scénarios de propagation de la pandémie sur son territoire. Ainsi, un scénario «probable» laisse entrevoir que de 400 à 3100 Albertains pourraient mourir des suites de complications liées à la COVID-19 d’ici la fin de l’été, tandis qu’un scénario plus pessimiste va jusqu’à évoquer 6600 décès.

Plus largement, de 800 000 à 1 million d’Albertains pourraient être infectés par le coronavirus, a avancé M. Kenney.

Ces scénarios démontrent qu’il est plus que nécessaire de respecter les consignes de distanciations sociales en vigueur. «Nous ne sommes pas sortis du bois. Les choses pourraient empirer si nous ne respectons pas les consignes», a plaidé le premier ministre.

Un scénario où les autorités sanitaires ne feraient rien pour ralentir la propagation du virus fait état de 1,6 million d’infections, soit 37 % de la population, et de jusqu’à 32 000 décès. «Notre système de santé s’effondrerait dans le chaos», a souligné M. Kenney.

«Nous avons des nouvelles encourageantes. Le taux d’Albertains hospitalisés et en soins intensifs est plus bas que dans les autres provinces», a toutefois tempéré le premier ministre lors de son discours en faisant allusion au Québec et à l’Ontario. Il craint cependant que l’Alberta rattrape ces provinces, la pandémie ayant commencé à gagner du terrain plus tard dans les Prairies.

Déficit trois fois plus élevé

Par ailleurs, Jason Kenney a grandement insisté sur les difficultés économiques auxquelles fait face l’Alberta, où le prix du baril de pétrole est en chute libre en raison d’une baisse de la consommation mondiale et d’une guerre de prix entre la Russie et l’Arabie saoudite.

«Le déficit de notre province pourrait tripler, passant de 7 milliards $ à près de 20 milliards $», a annoncé M. Kenney. L’Alberta est, traditionnellement, une province allergique aux déficits, mais l’effondrement complet des cours de l’énergie a sapé la principale source de revenus du gouvernement provincial.

Au rythme où vont les choses, le prix du baril pourrait même passer sous peu sous le seuil de la rentabilité, si bien que les producteurs pourraient se retrouver, en quelque sorte, à payer pour vendre leur pétrole, a imagé M. Kenney.

«La fin de la pandémie ne sera pas la fin des problèmes économiques. […] La chute des prix de l’énergie signifie que la reprise sera plus lente ici», s’est inquiété M. Kenney.

«J’espère que les modèles ont tort. J’espère que nos mesures nous permettront de revenir à la normale plus rapidement», a ajouté le premier ministre, qui a affirmé avoir voulu jouer franc-jeu avec les Albertains en leur présentant les projections gouvernementales pour qu’ils sachent à quoi s’attendre.

Le gouvernement albertain a déjà procédé à des milliers de mises à pied temporaires dans les dernières semaines, notamment dans le réseau de l’éducation, en raison de la pandémie.



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