COVID-19: le confinement nuit à la santé des personnes obèses


Une étude américaine a révélé que les personnes souffrant d’obésité étaient durement affectées, physiquement et mentalement, par le confinement lié à la pandémie de COVID-19.

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Selon les chercheurs du Centre des sciences de la santé de l’Université du Texas (UTHealth) et de l’UT Southwestern, le confinement serait néfaste pour la santé de ces individus.

Plus particulièrement, ces derniers ont diminué le nombre de leurs visites dans les cliniques, alors qu’ils ont besoin de soins, rapporte l’auteure principale de l’étude, la Dre Sarah Messiah.

«Le diabète, l’hypertension et d’autres comorbidités, liés à l’obésité, qui n’auront pas été suivis, créeront une énorme accumulation de besoins qui reviendra nous hanter», confirme en anglais l’endocrinologue Jaime Almandoz, également auteur de l’étude.

Anxiété et dépression

L’étude menée auprès de 123 patients en gestion du poids à l’UT Southwestern Weight Wellness Program et dans un cabinet de chirurgie bariatrique communautaire, entre le 15 avril et le 31 mai 2020, fait état de chiffres alarmants.

Ceux-ci, dévoilés mercredi dans le journal scientifique Clinical Obesity, indiquent que près de 73% des patients ont observé une augmentation importante de leur anxiété. Qui plus est, près de 84% d’entre eux disent souffrir d’une dépression accrue.

Près de la moitié des patients ont également avoué avoir augmenté leur stockage de nourriture, tandis que 61% ont confirmé manger leurs émotions liées au stress de la pandémie.

Pour Catherine Bégin, directrice scientifique du Centre d’expertise Poids, image et alimentation de l’Université Laval, la situation est comparable au Québec.

Catherine Bégin, professeure titulaire à l'École de psychologie de l'Université Laval.

Photo courtoisie

Catherine Bégin, professeure titulaire à l’École de psychologie de l’Université Laval.

«Ces personnes ont commencé à stocker de la nourriture à cause du confinement, alors qu’elles ont une vulnérabilité face à celle-ci. Il y a plus d’anxiété à cause de la crise et la nourriture peut être une façon d’apaiser ce stress. Alors, elles mangent plus, s’en veulent et redeviennent anxieuses. C’est un cercle vicieux», explique-t-elle.

De l’aide, et vite!

L’auteure principale de l’étude rappelle que les gens qui souffrent d’obésité sont plus à risque de décès s’ils contractent la COVID-19. De ce fait, et à la vue des résultats de ses recherches, elle craint que ces individus soient «gravement touchés si une deuxième vague frappe à l’automne».

Une affirmation que Mme Bégin est loin de contredire.

«Il y a une urgence d’aider ces gens-là rapidement. Il faut reprendre les services et permettre à ces personnes d’être traitées de façon prioritaire, notamment au niveau de la santé mentale», soutient-elle.

Aux États-Unis, le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) affirme que 42% des Américains sont obèses. Au Québec, la Coalition Poids établissait ce taux à près de 21% en 2017.

– Avec la collaboration de l’Agence QMI

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