COVID-19 : le détenu de 72 ans décédé voulait de l’aide


Le détenu de la prison de Bordeaux mort de la COVID-19 avait prévenu les autorités sept semaines plus tôt de son état de santé précaire, en les suppliant de ne pas le laisser mourir en détention.

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« J’ai pas envie de mourir ici, je suis un cas urgent […] c’est pas humain », avait écrit Robert Langevin dans une plainte envoyée le 27 mars.

Âgé de 72 ans, le résident de Salaberry-de-Valleyfield était accusé dans une affaire de trafic de drogue. Selon l’organisme Groupe anti-carcéral, l’aîné avait été arrêté avec une centaine de comprimés de speed. Il attendait son procès, dont la date aurait pu être fixée la semaine prochaine.

Or, il a attrapé la COVID-19 en prison et en est mort dans la nuit de mardi à mercredi, faisant de lui le premier prisonnier provincial à mourir du coronavirus (peines de moins de deux ans). Il n’a pas été possible de connaître le nombre de décès dans les prisons fédérales.

« Il ne devait pas mourir comme ça, personne ne mérite de mourir, surtout pas entre les quatre murs d’une prison », a déploré Catherine Lizotte, dont le conjoint est lui aussi détenu à l’Établissement de détention de Montréal, et qui avait aidé le septuagénaire à rédiger sa plainte.

Dans le document, il est indiqué que Langevin avait des problèmes cardiaques qui avaient nécessité une opération à cœur ouvert en 2018. Il disait être sous antibiotiques, en plus de nécessiter des traitements quotidiens.

Non admissible

Il y a deux semaines, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, avait pourtant mis en place un plan pour libérer certains détenus plus âgés et avec des problèmes de santé, qui n’ont pas commis de crime violent et avec moins de 30 jours restant à purger.

Mais comme Langevin était en détention préventive, il ne satisfaisait pas à toutes les conditions, déplore Ted Rutland, de Groupe anti-carcéral.

« Il bénéficiait de la présomption d’innocence, il faisait partie du groupe le plus simple à libérer », dit-il en demandant plus de libérations afin de faciliter les mesures de distanciation physique en détention.

En date de mercredi, 60 prisonniers étaient toujours infectés sur un peu moins de 1000 détenus. Les autorités carcérales ont pris des mesures draconiennes pour limiter la propagation de la COVID-19, dont un confinement strict, causant la grogne chez plusieurs détenus.



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