Covid-19. Le monde n’en a pas fini avec le coronavirus


À l’heure où la progression du Covid-19 marque le pas en France et en Europe, le virus repart à la hausse en Chine, au Japon, au Pakistan, en Iran, dans le sud des États-Unis et en Amérique latine, sans oublier le continent africain, jusqu’ici relativement épargné. Selon les statistiques officielles du Centre africain de prévention et de contrôle des maladies, l’Afrique comptait le 14 juin environ 240 000 cas confirmés de coronavirus, les pays les plus touchés demeurant l’Afrique du Sud (65 736 cas), l’Égypte (42 980 cas), le Nigeria (15 682), le Ghana (11 442), l’Algérie (10 810), le Cameroun (8 929) et le Maroc (8 732).

Des chiffres qui demeurent relativement faibles, notamment en termes de mortalité (environ 6 000 décès), même si l’Organisation mondiale de la santé alerte sur l’expansion rapide de l’épidémie. « Il a fallu 98 jours pour atteindre la barre des 100 000 cas détectés, et 18 seulement pour franchir celle des 200 000 », pointait, la semaine dernière, Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique : « Même si ces cas enregistrés en Afrique représentent moins de 3 % du total mondial, il est clair que la pandémie s’accélère. L’action rapide et précoce des pays africains a contribué à maintenir ces chiffres relativement bas, mais une vigilance constante est nécessaire pour empêcher que le Covid-19 ne submerge pas les établissements de santé », ajoute-t-elle.

Sur un continent qui concentre 93 % des 450 000 morts annuels du paludisme, sans compter la létalité des autres « pandémies oubliées », les populations souffrent avant tout des conséquences de l’effondrement économique et social lié au ralentissement de l’économie mondiale, et, paradoxalement, de la priorité donnée au traitement des patients atteints par le Covid-19. Toujours selon l’OMS, le bilan des morts du paludisme pourrait approcher les 770 000 en 2020, soit près du double du bilan de 2018, pour une maladie dont la prévention repose essentiellement sur l’accès à de simples moustiquaires ou à la chloroquine, le médicament qui permet de se protéger contre la fièvre des marais.

Le redémarrage économique des pays du Sud demeure cependant tributaire du bon vouloir des pays riches, lesquels exigent, à l’instar d’Emmanuel Macron, qu’une normalisation de la situation sanitaire du seul Covid-19 soit observable pour autoriser des échanges des hommes comme des marchandises. Une situation qui provoque depuis plusieurs semaines d’importants mouvements sociaux, du Nigeria au Sénégal, pourtant cité en exemple (avec le Maroc) dans sa gestion sanitaire de l’épidémie. Depuis le début du mois de juin, de violentes manifestations ont ainsi exigé, de la capitale Dakar à la ville sainte de Touba, la levée du couvre-feu instauré par le gouvernement de Macky Sall pour freiner la diffusion du virus.

Ailleurs dans le monde, de nombreuses zones optent pour le retour du confinement pour limiter l’impact d’une potentielle seconde vague, à l’instar de certain quartiers de Pékin (Chine), ou de l’agglomération de Chennai dans l’État indien du Tamil Nadu.

Pour mémoire, la pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 433 000 morts dans le monde depuis que la Chine a fait officiellement état de l’apparition de la maladie, au mois de décembre 2019. Les pays les plus touchés demeurent les États-Unis (116 000 décès), le Brésil (44 000), le Royaume-Uni (42 000), l’Italie (34 500) et la France (29 000).

Marc de Miramon



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