Covid-19-Mayotte : Le Président du Conseil départemental demande à Edouard Philippe un assouplissement des mesures liées à l’état d’urgence sanitaire – Toute l’actualité des Outre-mer à 360°


©Conseil départemental de Mayotte

Dans un courrier adressé au Premier Ministre Edouard Philippe, le Président du Conseil Départemental de Mayotte Soibahadine Ibrahim Ramadani a attiré l’attention sur les « mesures pénalisantes en termes de transport aérien, en d’activité économique» qui pourraient être prises dans le cadre de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire à Mayotte jusqu’au 30 octobre prochain.

L’hypothèse de conditions de voyage plus restrictives pour les Mahorais inquiète le Président du Conseil départemental de Mayotte. « Cette décision, si elle devait être confirmée, est un coup très dur porté à Mayotte, à un moment où il est pourtant primordial (…) de relancer l’économie locale et le tourisme très durement affectés par la crise sanitaire, économique et sociale liée au Covid-19» a écrit Soibahadine Ibrahim Ramadani. « Mayotte ne peut se permettre de subir cette double peine imposée : celle de la pandémie du Covid-19, à laquelle viennent désormais se greffer des mesures très pénalisantes en termes de transport aérien, d’activité économique, conduisant à l’isolement de l’île », ajoute-t-il. Il dénonce des mesures « qui affaiblissent un peu plus Mayotte à un moment où nous devons retrouver de la confiance et de la sérénité ».

L’éxécutif départemental souhaite que « les décrets qui seront adoptés ne comportent pas de mesures excessives et qu’une position claire soit adoptée quant aux vols commerciaux vers et depuis la Métropole et la Réunion ». Il réitère donc sa demande « pour que soit actée la reprise des vols commerciaux sans mesures pénalisantes (de type quatorzaine) pour les ressortissants de Mayotte dans l’hexagone comme à La Réunion, mais aussi dans le sens inverse. Je souhaite que des signaux positifs soit envoyés, ce qui n’est pas le cas avec cette prolongation de l’état d’urgence, véritable catastrophe en termes d’image pour notre territoire » précise Soibahadine Ibrahim Ramadani.

Comme la directrice de l’ARS Mayotte Dominique Voynet ou le député de Mayotte Mansour Kamardine, le président du Conseil départemental de Mayotte met en exergue des décisions «à géométrie variable» et à la fois discriminatoires. « Comment comprendre une position à géométrie variable dans laquelle les élections municipales sont autorisées ici, dans laquelle on évoque une situation sanitaire en bonne voie, mais avec des mesures qui semblent suggérer le contraire ? Comment comprendre que dans la région Grand Est, très durement touchée, on puisse aujourd’hui se déplacer sans aucune restriction ni contrainte, ce qui n’est à ce jour pas le cas à Mayotte ? », s’interroge-t-il, et dont les conséquences seraient néfastes pour Mayotte. « Nous sommes aujourd’hui dans une période où des fonctionnaires, des familles doivent rejoindre la métropole, La Réunion ou Mayotte, et je crains des troubles ou des mouvements sociaux si une position d’équilibre n’était pas rapidement trouvée » conclut le président dans ce courrier.





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