Covid-19 : Salomon, Raoult, Buzyn… Ces personnalités entendues par la commission d’enquête


Ministres, dirigeants d’agences sanitaires et d’administrations aux manettes ces derniers mois se succéderont à partir de ce mardi après-midi devant les députés.

Que s’est-il passé avec les masques ? Aurait-on pu sauver des vies dans les Ehpad ? Le confinement a-t-il été trop tardif ? La commission d’enquête qui s’ouvre ce mardi devant l’Assemblée nationale entend disséquer les « défaillances » dans la gestion de la crise du coronavirus. 

Ministres, dirigeants d’agences sanitaires et d’administrations aux manettes ces derniers mois, mais aussi ces dernières années, se succèderont à partir de ce mardi après-midi devant les députés pour « établir la généalogie et la chronologie de cette crise », a notamment indiqué la présidente de la commission des Affaires sociales Brigitte Bourguignon (LREM), qui préside cette commission d’enquête. 

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Tout le personnel politique, du président de la République aux membres de l’opposition, s’accorde à dire qu’il faut « tirer les leçons » de cet épisode inédit, qui a conduit à un confinement généralisé de huit semaines et plongé le pays dans une profonde crise économique et sociale. 

D’abord, Jérôme Salomon et les dirigeants de Santé Publique France

Après le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, ce mardi à 17 heures, la commission entendra mercredi l’ancien patron de Santé publique France François Bourdillon, puis Geneviève Chêne, qui lui a succédé en novembre. 

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Le périmètre de cette agence sanitaire née en 2016 fait partie des sujets de débat, car elle a absorbé l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus), affectant selon certains la capacité à anticiper une crise telle que le coronavirus. 

Didier Raoult et Agnès Buzyn

Jeudi aura lieu l’audition de Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique dont les avis ont incité le gouvernement à décréter le confinement puis guidé sa fin progressive. Suivront deux anciens directeurs généraux de la santé. 

Selon des sources parlementaires, une fois les premières auditions achevées, viendra le tour des scientifiques, dont le controversé professeur marseillais Didier Raoult.  

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Après le second tour des municipales, les personnalités politiques seront elles aussi interviewées, à l’image d’Agnès Buzyn, ex-ministre de la Santé, et plusieurs de ses prédécesseurs. 

Auditions sous serment

Les 32 députés de la commission évoqueront « la gestion des stocks de masques », la stratégie « en matière de tests », la « prise en charge des résidents des Ehpad », où ont eu lieu plus du tiers des décès du Covid-19, la « question des frontières », la « tenue des événements culturels et sportifs » ou « la liberté de prescription médicale », selon Éric Ciotti. 

Ils devraient également aborder le manque de production en Europe de médicaments et d’équipements de protection, alors qu’Emmanuel Macron a lui-même évoqué dimanche « notre dépendance à d’autres continents pour nous procurer certains produits ». 

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À la différence de la mission d’information parlementaire qui a rendu son rapport le 3 juin, la commission d’enquête a des pouvoirs d’investigation élargis : ses convocations sont obligatoires sous peine de sanctions pénales, les auditions se déroulent sous serment et ses membres peuvent réaliser des contrôles sur pièces et organiser des déplacements, par exemple dans un hôpital ou un Ehpad durement touché par l’épidémie. 

Le Sénat a également prévu sa commission d’enquête, qui sera mise en place à la fin du mois. Ces investigations politiques cohabiteront avec la recherche d’éventuelles responsabilités judiciaires, puisque le parquet de Paris a ouvert une vaste enquête préliminaire sur la gestion de la crise, visant notamment les chefs d' »homicides involontaires » ou « mise en danger de la vie d’autrui ». 



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