COVID-19 : Trump persiste sur la baisse du dépistage, ses experts le contredisent


Le Dr Anthony Fauci et d’autres experts santé de l’administration Trump ont affirmé mardi que le président américain ne leur avait jamais demandé de ralentir le rythme de dépistage du Covid-19, contrairement aux propos controversés du républicain.

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« Il n’a jamais été demandé à aucun d’entre nous de ralentir le dépistage, c’est un fait. D’ailleurs nous allons augmenter le dépistage », a souligné l’immunologiste en chef de la Maison-Blanche, lors d’une audition au Congrès américain. 

« C’est donc l’inverse, nous allons faire plus de dépistage, pas moins », a martelé Anthony Fauci. 

À ses côtés, trois autres hauts responsables santé de l’administration Trump ont également répondu « non » sans hésiter quand un parlementaire leur a demandé si le président leur avait demandé de ralentir le dépistage du nouveau coronavirus: Robert Redfield, le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), le ministre adjoint de la Santé Brett Giroir et Stephen Hahn, patron de l’agence des médicaments (FDA).

Le président américain a provoqué une profonde controverse en déclarant samedi soir avoir recommandé à ses responsables sanitaires de ralentir le rythme du dépistage, car en faisant plus de tests, « on trouve plus de cas ». 

Donald Trump a fait ses déclarations lors d’une réunion de campagne elle-même polémique puisqu’il était organisé à Tulsa, dans l’Oklahoma, devant des milliers de personnes alors que cet État du sud est parmi ceux connaissant une poussée de COVID-19. 

La Maison-Blanche a ensuite affirmé qu’il plaisantait, mais le milliardaire républicain a réaffirmé mardi matin: « Je ne plaisante pas ». 

« En ayant plus de tests, on trouve plus de cas », a-t-il souligné. 

« Nous avons fait un excellent travail sur le Coronavirus », a-t-il tweeté juste avant l’audition de ses experts, en s’agaçant de la couverture médiatique négative de sa gestion de la pandémie. « Nous avons sauvé des millions de vies américaines ». 

Les États-Unis affichent le pire bilan du monde en valeur absolue, avec plus de 120 000 morts et plus de 2,3 millions de cas détectés. 

Les différents États américains ont pour beaucoup levé les mesures de confinement, et New York (de loin la ville la plus touchée) a fait un nouveau pas dans cette direction lundi avec la réouverture au public des commerces non essentiels. Mais plusieurs États du Sud et de l’Ouest du pays enregistrent une flambée du nombre de cas positifs. 

« Les deux prochaines semaines seront critiques » pour répondre à ces poussées, a estimé Anthony Fauci. 

Contrairement à ce que sous-entend Donald Trump à propos de l’augmentation liée au nombre de tests, son immunologiste a souligné que ces hausses venaient de plusieurs facteurs, dont « la contagion » entre habitants. 

« Et c’est quelque chose qui m’inquiète », a-t-il confié. 

Défis « historiques »

Les experts ont souligné, dans une sobre déclaration commune, que les défis posés par la pandémie étaient « nombreux » et « historiques ». « Chaque Américain est touché par cette pandémie ».

« Bien que la durée de la pandémie reste incertaine, l’activité du Covid-19 continuera probablement pour un certain temps », ont-ils mis en garde. 

Si le coronavirus et la grippe saisonnière sévissaient en même temps l’hiver prochain, « cela pourrait faire peser un énorme fardeau sur le système de santé ». 

Au 10 juin, les États-Unis avaient pratiqué « presque 22 millions de tests », ont-ils précisé. Ils en sont actuellement à un rythme de « 400 000 à 500 000 tests par jour, et ce nombre va continuer d’augmenter ». 

Brett Giroir a déclaré aux parlementaires estimer que le pays serait en mesure de « conduire de 40 à 50 millions de tests par mois à l’automne ».

Interrogé à nouveau sur les propos de Donald Trump, M. Giroir a souligné l’importance d’augmenter le volume de dépistage car « cela est la seule façon pour nous de comprendre la maladie, qui est infecté, qui peut le transmettre et d’effectuer le traçage adéquat ». 

« Nous sommes prudemment optimistes » sur l’avancée de la recherche pour trouver un vaccin, a expliqué Anthony Fauci, en répétant qu’il espérait que les Américains y aient accès « à la fin de l’année » ou début 2021. 



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