Covid-19 : un labo de Montpellier lance le premier test salivaire


« C’est le premier test salivaire de terrain au monde », affirme Franck Molina. Le directeur du laboratoire montpelliérain Sys2Diag (rattaché au CNRS) a œuvré durant deux mois et demi avec ses équipes, en pleine crise du coronavirus, pour mettre au point EasyCov. Un travail d’arrache-pied pour proposer « en un temps record » une alternative aux tests virologiques actuels de Covid-19, plus longs et plus intrusifs, avec l’ écouvillon introduit dans le nez.

Créé avec un consortium de chercheurs (CHU, SkillCell, Inovie), EasyCov sera lancé en France le 19 juin. Son principe est simple : le patient prélève lui-même une goutte de salive sous sa langue avec une pipette (en gardant ainsi ses distances avec le soignant présent lors du test). L’échantillon est ensuite récupéré, placé dans un tube et analysé sur place grâce à un système de boîtier nomade. Moins d’une heure après, un résultat colorimétrique apparaît pour indiquer ou non la présence de Covid-19.

« Cela permet d’effectuer des tests massifs, rapides, indolores et plus réactifs », assure Franck Molina. Le chercheur, qui « essaie toujours d’innover », décrit sa solution comme « un filet de sécurité » pour de nombreux publics : passagers d’aéroport, voyageurs aux frontières, professions exposées au virus comme les dentistes, pompiers…

Les ligues de football et de rugby intéressées

Après dépistage, la lecture des résultats se fait grâce à un scanner manuel. Les analyses sont ainsi remontées dans une base de données médicales sécurisée réservée aux autorités sanitaires.

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« Nous sommes fiers de pouvoir contribuer, avec nos compétences numériques, à cette formidable collaboration entre public et privé, qui marque aussi l’excellence de la recherche française », sourit Christophe Carniel, directeur de l’entreprise montpelliéraine Vogo, chargée de l’interface digitale du projet.

Grâce à son portail biométrique délocalisé et sa logistique flexible, EasyCov pourra être vite déployé à grande échelle : « La capacité de production d’environ 200 000 kits par semaine (de 35 tests chacun) est aujourd’hui assurée et pourrait être rapidement élargie », annonce le laboratoire partenaire SkillCell.

Le prix du test devrait avoisiner les 40 euros selon les prestataires. Dans un second temps, celui-ci pourrait être pris en charge par l’assurance maladie si les démarches en ce sens aboutissent. De nombreuses commandes d’EasyCov ont déjà été passées dans toute l’Europe. Car, en plus de détecter les malades pour les isoler et casser les chaînes de transmission du virus, un dépistage massif pourrait aussi favoriser à terme la reprise de grands rassemblements.

En France, « les négociations avec les ligues de football et de rugby sont très avancées », confie Christophe Carniel. Bien que cela ne concerne encore que les entraînements et les matchs à huis clos, l’idée de voir les stades se remplir à nouveau semble dès lors aussi envisageable… Tests à l’appui, s’il le faut.



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