Dans l’ouest de l’Europe, l’épidémie du Covid-19 fait émerger de nouveaux pauvres


Distribution de colis de biens de première nécessité dans une salle de spectacles de West Kensington, le 22 avril à Londres. TOLGA AKMEN / AFP

Pour la première fois depuis sa création en 1971, une équipe de Médecins sans frontières (MSF) intervient au Royaume-Uni, une autre en Allemagne. Dans la capitale britannique, onze employés de l’ONG, en partenariat avec un hôpital universitaire londonien, fournissent ainsi depuis le 11 avril un soutien médical et logistique aux sans-abri, devenus encore plus vulnérables avec la pandémie de Covid-19. Et cette aide inclut, désormais, des nouvelles populations qui ont perdu leur emploi – ou un job précaire – avec la fermeture des bars, restaurants et commerces, et dont les conditions de logement, la promiscuité, sont devenues sources aggravantes de contamination.

« S’il est très inhabituel pour MSF de lancer de grandes activités dans des pays à revenu élevé, il est tout à fait normal que nous apportions une aide humanitaire d’urgence vitale là où elle est nécessaire », souligne Rosamund Southgate, coordinatrice médicale pour MSF au Royaume-Uni. Inédite aussi, l’initiative prise depuis le 14 avril, à Bruxelles, par le Parlement européen de mettre à disposition sa cantine pour concevoir et délivrer 1 000 repas par jour aux personnes en difficulté, avant de faire de même, quelques jours plus tard, à Strasbourg, et dans ses locaux au Luxembourg. « Pour l’instant, en accord avec les municipalités, ce dispositif est prévu jusqu’à fin juin, mais sans doute sera-t-il prorogé jusqu’à fin juillet, voire au-delà », avance Jaume Duch, porte-parole du Parlement européen.

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La crise sociale et économique prend le relais de la crise sanitaire, et elle n’épargne pas les pays développés. Partout, en Europe ou aux Etats-Unis, l’arrêt brutal d’activités lié au confinement a fait basculer des milliers de personnes dans le dénuement, qui viennent grossir les rangs des plus démunis. La reprise progressive de l’activité ne devrait apporter qu’un répit très limité, devant la catastrophe annoncée dans le tourisme, les spectacles ou la restauration. Conséquences : les files s’allongent pour la distribution d’aide alimentaire. Des coupons ont fait leur apparition. Et sur les sites des associations caritatives, les appels aux dons se font plus pressants.

« La crise sociale est devant nous »

Dans un appel commun lancé fin avril, la Fédération européenne des banques alimentaires (FEBA), Feeding America (FA) et The Global FoodBanking Network (GFN) se disent engagées dans une « lutte massive » pour « nourrir un nombre toujours croissant de familles et de personnes » dans un contexte d’autant plus difficile que « les canaux de distribution alimentaire sont perturbés par les interruptions de transport et les mesures de quarantaine ».

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