Emmanuel Macron en quête de « concorde nationale »


Emmanuel Macron, au palais de l’Elysée, le 18 mai. FRANCOIS MORI / POOL VIA REUTERS

C’est une lettre à la nature et au contenu inédits. En tout cas qui ne correspond pas à la pratique de la VRépublique. Dans un courrier envoyé, mercredi 3 juin, au Sénat, à l’Assemblée nationale et au Conseil économique, social et environnemental (CESE), dont Le Monde s’est procuré une copie, Emmanuel Macron appelle les présidents des trois Assemblées à lui faire « d’ici à un mois » des propositions « pour contribuer à l’élaboration indispensable du nouveau dessein français ». Une invitation à construire ensemble la fin du quinquennat en somme, alors que le chef de l’Etat s’est engagé à se « réinventer » à l’issue de la crise due au nouveau coronavirus.

« Pour servir au mieux nos compatriotes, la nécessité s’impose à nous de tracer de nouvelles perspectives, redéfinir les solidarités, dessiner un nouvel horizon », écrit le président dans cette missive adressée à Richard Ferrand, Gérard Larcher et Patrick Bernasconi, qui ont été reçus mercredi à l’Elysée.

Or, le jeu habituel des institutions ne suffira pas pour y parvenir, estime-t-il. « Répondre à cette nécessité appelle à une démarche de concorde nationale, de dépassement des ordres établis, de mobilisation de toutes les bonnes volontés », enjoint M. Macron, pourtant souvent brocardé en président jupitérien depuis le début de son quinquennat.

« Un souverainisme réinventé (…) et un girondisme rénové »

Sur le fond, tous les sujets sont ouverts, promet le chef de l’Etat. La crise due au Covid-19, un « ébranlement intime et collectif », « nous oblige à réinterroger nos choix, qu’il s’agisse de notre système et de nos pratiques de santé, de nos stratégies économiques et écologiques, de notre relation au travail, de l’organisation des pouvoirs dans notre pays », écrit M. Macron.

« Le président entend s’appuyer sur deux piliers pour la suite : un souverainisme réinventé, protecteur de l’économie, des emplois, de l’environnement ; et un girondisme rénové, avec une nouvelle étape de déconcentration voire de décentralisation, pour un Etat plus efficace et plus proche des gens », énumère-t-on au cabinet élyséen.

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Alors que la réforme des institutions est encalminée, du fait notamment de l’opposition du Sénat, Emmanuel Macron donne aussi dans sa lettre le sentiment de vouloir réactiver ce serpent de mer. « Vous pourriez rechercher utilement les convergences possibles en termes de politiques et d’initiatives nationales afin que les mandats qui nous ont été confiés soient les plus utiles à notre pays et à nos concitoyens », écrit-il ainsi aux présidents des chambres. Sa réforme prévoit notamment une réduction du nombre de parlementaires et une transformation du CESE en « Conseil de la participation citoyenne ».

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