En Allemagne, un foyer de Covid-19 découvert dans le plus grand abattoir d’Europe


Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, plusieurs abattoirs ont été identifiés comme des foyers de contamination en Allemagne. Mais, cette fois, l’affaire suscite une inquiétude particulière. D’abord parce qu’elle concerne le plus grand abattoir d’Europe, possédé par la société Tönnies, près de la ville de Gütersloh, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ensuite, à cause du nombre de cas détectés, qui s’élevait à plus de 1 300, dimanche 21 juin, quatre jours après la découverte du cluster. Enfin, parce que c’est la première fois, deux mois après le début du déconfinement du pays, que les autorités évoquent la possibilité d’un reconfinement à l’échelle d’une région.

Tout au long du week-end, les journaux télévisés ont montré des images que l’on n’avait pas vues depuis des semaines en Allemagne : des dizaines de policiers chargés de faire respecter les mesures de quarantaine imposées aux malades et à leurs familles ; des bénévoles de la Croix-Rouge équipés de masques, de gants et de lunettes de protection pour distribuer des vivres aux habitants bouclés chez eux ; et même une soixantaine de soldats de la Bundeswehr venus participer au dépistage des quelque 6 700 employés de l’abattoir, Bulgares et Roumains pour la plupart, travaillant avec des contrats de sous-traitance, ultraprécaires et logés dans des habitats collectifs souvent vétustes et surpeuplés.

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« Nous n’avons jamais vu, jusque-là, un foyer de contamination aussi important en Rhénanie-du-Nord-Westphalie », a reconnu le ministre-président du Land, Armin Laschet (CDU), dimanche, à l’issue d’une réunion avec la cellule de crise établie à Gütersloh. Evoquant un « énorme risque pandémique », le chef de l’exécutif régional s’est toutefois voulu rassurant, affirmant que « l’événement a été bien circonscrit » et qu’« il n’y a pas, à ce stade, de risque de transmission significative » du virus au reste de la population. Dans ces conditions, « des mesures ciblées » suffisent pour briser la chaîne de contamination, a estimé M. Laschet, qui a toutefois ajouté : « Nous ne pouvons pas complètement exclure l’hypothèse d’un confinement généralisé à l’ensemble de la région. »

Enjeu politique

« Décider de ne pas reconfiner est une erreur », a immédiatement réagi le député social-démocrate et médecin épidémiologiste Karl Lauterbach, sur Twitter. A ses yeux, « le foyer a été identifié trop tard pour empêcher le virus de circuler dans la population ». Un tel scénario n’est pas à exclure : au soir du premier jour de dépistage, mercredi 17 juin, 400 employés de l’abattoir ont été déclarés positifs, soit autant de personnes qui, depuis quelque temps déjà, pouvaient transmettre le virus sans le savoir. Par ailleurs, si l’usine a été immédiatement mise à l’arrêt pour deux semaines, et que les crèches et les écoles du canton ont été fermées, les autorités locales se sont plaintes d’avoir dû attendre plus de quarante-huit heures avant que la société Tönnies leur fournisse les coordonnées de ses employés pour qu’ils soient testés et mis sous quarantaine. Cette tâche s’est révélée d’autant plus ardue que, dans 30 % des cas, aucune adresse n’était indiquée…

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