En Iran, inquiétude face aux signes d’une deuxième vague de Covid-19


Dans les rues de Téhéran (Iran), le 3 juin 2020. – / AFP

Pour les Iraniens, frappés durement par l’épidémie de Covid-19 depuis le mois de février, le retour à la normale pourrait être de courte durée. Jeudi 4 juin, le pays a enregistré un nombre record de cas quotidiens avec 3 574 nouveaux cas officiellement recensés en vingt-quatre heures. Vendredi, 2 886 nouveaux cas étaient annoncés, une baisse dont on ignore si elle se confirmera dans les prochains jours. A ce stade, le nombre de morts reste stable, autour de soixante-dix.

Certains professionnels de santé craignent que la levée progressive des restrictions depuis le mois d’avril, imposée par une situation économique dégradée en raison des sanctions américaines, ait précipité une nouvelle vague de contaminations. Les autorités appellent désormais la population à ne pas baisser la garde face au risque d’un retour à la situation de crise aiguë traversée par le pays au mois de mars.

« Le non-respect de la distanciation sociale, des règles d’hygiène personnelle ou publique ainsi que les déplacements inutiles peuvent avoir des conséquences irréparables », rapportait ainsi, jeudi, un bandeau de la chaîne de télévision d’Etat. Cet avertissement public faisait écho aux déclarations alarmistes formulées depuis le début de la semaine par le ministre de la santé Saïd Namaki, inquiet de voir les Iraniens devenir « complètement imprudents ». Craignant un retour en arrière, il déclarait mardi à l’agence de presse ISNA : « Soit ils nous font totalement confiance, soit ils pensent que le coronavirus a disparu, ce qui n’est pas vrai du tout. »

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Fin de l’accalmie

Certains soignants attribuent l’augmentation des cas enregistrés à une multiplication des tests depuis le début du mois de mai. « Le système de test a complètement changé, ce qui affecte, bien sûr, la comptabilité des cas. Il est nécessaire de se baser sur le nombre de morts du Covid-19 », affirme une soignante iranienne jointe à Téhéran. Dans la capitale, des services réservés aux malades touchés par le Covid-19 ont fermé, retrouvant leurs fonctions d’origine, mais le secteur de la santé reste attentif aux signes qui pourraient annoncer une éventuelle fin de l’accalmie.

A Téhéran, le dirigeant d’une entreprise spécialisée dans le domaine des fournitures médicales constate ainsi une augmentation, au cours des derniers jours, de la demande d’équipements nécessaires à la lutte contre le Covid-19 en provenance des provinces du sud du pays. Des restrictions y avaient déjà été rétablies à la mi-mai.

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