Foyers de COVID-19 à Rome: «on fait très attention»


Alors que l’Italie, où la pandémie a provoqué la mort de plus de 34 000 personnes, sort prudemment du déconfinement, deux nouveaux foyers de COVID-19 ont été identifiés à Rome, totalisant plus de 100 cas.

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L’un d’entre eux s’est déclaré dans un immeuble illégalement occupé de Garbatella, un quartier populaire du sud de la capitale.

Une quinzaine de cas y ont été recensés à ce jour, dont une famille péruvienne, selon les autorités sanitaires, qui ont effectué 108 tests au total et assurent que la situation est «sous contrôle».

«Tous les cas positifs ont été transférés et leurs contacts identifiés et testés», a précisé la cellule de crise régionale COVID-19.

Si ce n’était les bandes de plastique jaune de la police municipale et la voiture de police garée sur le parvis, rien – ou presque – n’indiquerait la présence de ce nouveau foyer. Après le ballet des ambulances de ces derniers jours, la vie de quartier tranquille a repris ses droits.

En ce dimanche matin, les clients d’une supérette voisine sortent tranquillement après avoir fait leurs courses, sacs plastiques gonflés de victuailles à bout de bras. Un quidam promène son chien, un autre vient vider ses déchets dans des poubelles qui vomissent leur trop-plein sur la chaussée.

Policiers en faction et passants ont tous un masque chirurgical sur le nez. Peu ou pas d’agitation, à part les journalistes des télévisions italiennes qui débarquent caméra à la main.

Les occupants qui restent là, une cinquantaine, «sont confinés dans l’immeuble», explique l’un des agents. «Ils ont interdiction de sortir, si ce n’est sur quelques mètres carrés de parking, juste pour prendre l’air. La Croix-Rouge leur apporte leurs repas».

Un échafaudage de tôles surmonte le hall d’entrée du bâtiment rectangulaire de briques ocres, typique de ces quartiers éloignés du centre historique de Rome qui ont poussé comme des champignons dans les années 1970.

Les volets sont clos sur une partie des sept étages. L’immeuble serait insalubre – même s’il n’y paraît pas vraiment – et occupé illégalement, avec le soutien d’une association.

«Ses habitants sont des Sud-Américains, des Italiens, des gens qui travaillent, plutôt des familles», raconte Ion, un employé de la supérette. «La situation est un peu particulière là-dedans, car les sanitaires sont communs».

«Ça fait plus de trois mois que le virus tourne en Italie. Donc cela ne nous inquiète pas trop, c’est un cas comme un autre», veut-il croire. «On porte des masques, on est prudents».

«C’est un immeuble occupé depuis 2013, où il y a en permanence du va-et-vient, des gens qui viennent du monde entier», renchérit Raffaele, 77 ans, résidant dans un immeuble voisin.

«Il n’y a absolument aucun contrôle», déplore ce retraité, derrière son masque de protection et ses lunettes de soleil fumées.

«La peur? Elle est liée au fait que c’est un endroit où justement il y a du passage en permanence. Disons qu’on fait très attention, on désinfecte tout non-stop. Mais bon, regardez autour, c’est plein de déchets sur le sol», raconte le septuagénaire.

Le deuxième foyer – numériquement le plus important, avec 109 cas dont cinq mortels – est situé à l’hôpital San Raffaele Pisana, en périphérie ouest de la capitale. Deux véhicules de l’armée en contrôlaient les abords dimanche matin, mais la situation y était normale.

Là aussi une enquête épidémiologique est en cours, selon les autorités sanitaires régionales, qui assurent que «la vigilance reste très grande».

L’apparition de ces deux foyers de COVID-19 dans Rome intra-muros a suscité l’inquiétude, alors que la maladie semble maîtrisée, même à son épicentre, en Lombardie (nord), et que le pays se déconfine depuis début mai, retrouvant lentement son visage d’avant la pandémie.

«Personne ne se faisait d’illusions et pensait que les problèmes étaient terminés», a commenté dans la presse locale Ranieri Guerra, le directeur adjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

«Cela signifie que le virus n’a pas perdu sa contagiosité, il ne faiblit pas», il «circule moins mais il est là», observe cet infectiologue italien, y voyant la démonstration qu' »il ne faut pas se relâcher ».

«Ces micro-foyers étaient inévitables, mais ils sont limités dans le temps et dans l’espace. Et aujourd’hui nous avons les instruments pour les intercepter et les circonscrire», assure-t-il.



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