Hausse inquiétante des contaminations au Covid-19 dans la Marne



Les derniers chiffres publiés par l’Agence régionale de santé (ARS) font état, au 11 juin, d’une certaine stabilité sur le plan sanitaire. La Marne ne déplore pas de nouveau décès lié à la Covid-19 au sein du circuit hospitalier et aucun nouveau patient n’a été admis en soins intensifs ou en réanimation.

Au 10 juin 2020, 12 passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 ont été enregistrés dans les structures d’urgence du Grand Est – dont 1 dans la Marne et 2 dans les Ardennes – ce qui représente 0,5 % de l’activité totale des structures d’urgence.

Deux indicateurs préoccupants

Deux chiffres s’avèrent néanmoins préoccupants lorsqu’on les compare aux autres départements et à la moyenne régionale.

D’abord, le « taux d’incidence » qui représente, sur sept jours glissants, le nombre total de nouveaux cas positifs pour 100.000 habitants. Il s’élève à 20,4 % au 8 juin dans la Marne, contre une moyenne de 10 % dans le Grand Est. La Meuse est à 30.8 %, la Meurthe-et-Moselle à 26.3 % quand les Ardennes se situent à 3,3 %.

Le taux d’incidence dans la Marne est de 20 cas pour 100.000 habitants, quand la moyenne nationale est à 4, le seuil de vigilance à 10 et le seuil d’alerte est à 50.

Ensuite, le « taux de positivité » qui correspond, toujours sur sept jours, aux tests révélés positifs rapportés au nombre total de tests réalisés. Là encore, la Marne obtient le mauvais score de 5.3 %, contre 2,2 % au niveau régional. À titre de comparaison, les Ardennes affichent un taux de positivité de 1.3 %. Mais contrairement à l’indicateur précédent, la Marne détient le taux le plus élevé des dix départements du Grand Est. Attention, si ce taux de positivité dépasse les 6 %, le département pourrait passer du vert à l’orange et basculer dans le rouge au-delà des 10 %.

Le délégué territorial de la Marne à l’ARS, Thierry Alibert, peine à analyser ces données. « Même les médecins sont circonspects, concède-t-il, chez nos confrères de l’Hebdo du vendredi. Nous n’avons pas d’explication rationnelle. Pour la période du 29 mai au 3 juin, la Marne a vu son taux d’incidence atteindre un pic de 21,1 %, alors que le seuil critique se situe à 20 %. Avec une hausse très concentrée sur la journée du 2 juin. Tout le monde s’est un peu affolé, y compris le ministère qui nous surveillait de près ».

Moins de test dans la Marne

Le nombre de tests effectués depuis le déconfinement est en partie lié à cette hausse du nombre de cas positifs, mais ce n’est pas la seule raison : « il y a aussi un relâchement des comportements », déplorent les autorités.

La Marne compte 16 sites de prélèvements, là où les Ardennes en proposent 9, la Moselle 82, le Bas-Rhin 74 et la Meurthe-et-Moselle 55.

Contrairement à d’autres départements, la Marne ne généralise pas les tests, elle cible les tests sur des cas particulièrement suspects, d’où un nombre important de cas positifs. « Nous travaillons justement avec le CHU de Reims pour mener une campagne plus massive de tests, ce qui nous permettra de mieux anticiper. Les personnes volontaires pourront ainsi être testées dans les quartiers prioritaires par exemple, ou les lieux fréquentés comme les grandes surfaces, peut-être la gare. Nous verrons si cela change la donne et si notre taux est moins fort ». Une chose est sûre, le virus continue à circuler.

Au 10 juin, 1.566 personnes sont toujours hospitalisées pour Covid-19 – dont 92 personnes en réanimation ou en soins intensifs – dans les établissements sanitaires du Grand Est. Depuis le début de l’épidémie 3.497 personnes hospitalisées pour Covid-19 sont décédées en établissements sanitaires du Grand Est.





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