Héroux-Devtek misera sur la défense


(Montréal) Avec une reprise qui s’annonce lente du côté de l’aviation commerciale en raison de la COVID-19, Héroux-Devtek a l’intention de miser sur sa présence dans le secteur de la défense afin de traverser les turbulences provoquées par la pandémie.




Julien Arsenault
La Presse canadienne

En plus de représenter près des deux tiers de son carnet de commandes de 810 millions en date du 31 mars, cette division a représenté 54 % des ventes totales de 613 millions du fabricant de trains d’atterrissage et d’autres pièces d’aéronautique au cours du dernier exercice financier.

« Nous demeurons optimistes à l’égard de nos perspectives de croissance dans ce domaine », a expliqué jeudi le président et chef de la direction de l’entreprise établie à Longueuil, Martin Brassard, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre, terminé le 31 mars.

Malgré une perte nette, l’entreprise a livré des résultats qui ont dépassé les attentes des analystes, et ils ont été accueillis favorablement par les investisseurs. Jeudi avant-midi, à la Bourse de Toronto, l’action de Héroux-Devtek prenait 6 %, ou 54 cents, pour coter à 9,51 $.

Selon M. Brassard, il faudra patienter de deux à trois ans avant de voir l’aviation commerciale renouer avec le niveau d’activité qui prévalait avant l’épidémie du nouveau coronavirus.

La COVID-19 a néanmoins eu des répercussions chez Héroux-Devtek, qui a annoncé, le 5 mai, l’élimination de 10 % de son effectif, soit 225 postes, en plus de fermer l’usine montréalaise d’Alta Précision. Ailleurs dans la grappe aéronautique québécoise, le couperet est également tombé au sein de la Société en commandite Airbus Canada et Pratt & Whitney Canada.

Alors qu’Airbus et Boeing ont annoncé des baisses de cadences de production d’avions gros-porteurs de l’ordre de 40 %, l’entreprise québécoise a dû s’ajuster, a expliqué M. Brassard. Héroux-Devtek livre notamment les trains d’atterrissage des modèles 777 et 777X de l’avionneur américain.

Néanmoins, la société est bien positionnée pour d’importants programmes militaires comme ceux des avions de chasse F-15, F-18 et Gripen E ainsi que de l’hélicoptère de transport lourd CH-53K, selon son patron.

« Ce n’est plus seulement des pièces que nous fournissions, mais également des services à valeur ajoutée », a précisé M. Brassard, en soulignant que Héroux-Devtek était également présente dans le marché secondaire, où elle fabrique des pièces de rechange et offre des services d’entretien.

Des impacts

Malgré tout, la COVID-19 a eu un impact sur les résultats du quatrième trimestre et de l’année financière, puisque la compagnie a comptabilisé diverses charges de dépréciation hors trésorerie totalisant 85,8 millions afin de refléter la baisse prévue de la demande dans le secteur commercial.

Cela a fait plonger Héroux-Devtek dans le rouge. Elle a affiché une perte nette de 72 millions, ou 1,98 $ par action, au quatrième trimestre, par rapport à un profit d’environ 12 millions, ou 34 cents par action, il y a un an. Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté a grimpé de 7 %, à 13,7 millions, ou 38 cents par action.

De leur côté, les ventes trimestrielles ont progressé de 5,6 %, à 166,8 millions, notamment grâce à l’apport des acquisitions. Du côté commercial, les recettes ont été de 72 millions, en recul de 7,8 % abstraction faite des acquisitions, alors que du côté de la défense, la hausse a été d’environ 19 %, à 94,8 millions.

Les analystes tablaient sur un profit ajusté de 30 cents par action sur un chiffre d’affaires de 161 millions, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

« Nous sommes convaincus que Héroux-Devtek sera en mesure de surmonter la crise actuelle en raison de son solide bilan et de son carnet de commandes robuste du côté de la défense », a estimé l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

L’entreprise a terminé l’exercice avec une perte nette de 50,7 millions, ou 1,38 $ par action, alors que ses revenus ont bondi de 27 %, à 613 millions. Son bénéfice ajusté a été de 35,7 millions, ou 1 $ par action, en progression de 17,5 % par rapport à l’exercice précédent.





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