La chauve-souris protégée de la COVID-19 | Coronavirus


Si les probabilités d’une contamination sont faibles, les experts ont choisi la voie de la prudence afin de protéger ces espèces déjà menacées sur le territoire, notamment par un champignon non indigène.

On a vu nos populations diminuer de 90 % depuis 2010 au Québec. Le champignon venait d’Europe justement. Donc, on est encore plus sensible, explique Anouk Simard, biologiste en conservation de la biodiversité au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

La communauté scientifique a donc dit : nos travaux ne valent pas le risque de mettre ces espèces en danger à cause de la COVID-19, précise ensuite la spécialiste.

La biologiste Anouk Simard en train de manipuler une chauve-souris, le genre de projet qui n’est pas possible cette année.

Photo : MFFP

Déclin des chauves-souris au Québec

Anouk Simard étudie les populations de chauves-souris au Québec depuis dix ans. Ses travaux portent notamment sur le déclin de ces colonies causé par une infection appelée le syndrome du museau blanc.

Comme partout au Canada et aux États-Unis, les travaux de la biologiste qui impliquent des contacts directs avec l’animal ont été interrompus.

Par exemple, la pose d’émetteurs sur le dos des chauves-souris qui nous aident à mieux connaître leur déplacement, c’est le genre de travaux qui étaient d’ailleurs prévus cet été dans la région de l’Outaouais et qui ont été suspendus, illustre-t-elle.

En raison de ces nouvelles directives, l’aide des citoyens dans le décompte des colonies devient encore plus important cet été.

Car on essaie de limiter nos déplacements dans les régions, souligne Anouk Simard. D’autres projets de recherche pourront se poursuivre comme celui qui teste l’efficacité des dortoirs qui serviraient d’abris chauffants et permettraient d’offrir des habitats alternatifs.

Deux femmes devant des dortoirs de chauves-souris placés sur des tiges de fer, en hauteur.

Les biologistes Anouk Simard et Ariane Massé devant des dortoirs pour chauves-souris, un projet d’étude du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs sur la Réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher à Neuville.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Origine animale?

La biologiste sur les maladies de la faune, Ariane Massé du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, rappelle que plusieurs travaux dans le monde sont en cours pour trouver l’origine du virus

Ce virus a des similitudes au niveau de la génétique à celui qui est présent chez certaines populations de chauves-souris en Asie. Mais, reste qu’ils n’ont pas toutes les composantes qui permettent d’infecter l’humain. Il manque encore des pièces au casse-tête pour savoir quelle est la source, résume-t-elle.

Elle se dit, elle aussi, préoccupée par la transmission de la COVID-19 de l’humain à la chauve-souris.

Même si c’est anecdotique, il a été démontré que quelques personnes avaient transmis le virus à des animaux principalement gardés en captivité. Et compte tenu de la précarité des chauves-souris en Amérique du Nord, on ne peut pas prendre de risque, soulève-t-elle.

La technicienne de la faune Valérie Simard qui tient une grande chauve-souris brune avec des gants oranges dans ses mains, et une lampe frontale sur sa tête.

La technicienne de la faune Valérie Simard du MFFP qui tient une grande chauve-souris brune. Le Québec compte huit espèces de chauves-souris.

Photo : Samuel Dufour

La biologiste Anouk Simard ajoute que des travaux sont actuellement menés aux États-Unis afin d’évaluer les possibilités de la transmission du SRAS-CoV-2 de l’humain à la chauve-souris.

Les chauves-souris d’Amérique n’ont jamais été en contact avec le virus. Et nous on pourrait le propager à l’animal qui à son tour pourrait devenir un réservoir, relate-t-elle.

Anouk Simard rappelle que ces animaux sont comme un insecticide naturel et sont donc extrêmement importants dans la régulation des populations d’insectes.



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