la course acharnée entre les laboratoires et les Etats


ATHIT PERAWONGMETHA / REUTERS

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Publié aujourd’hui à 06h04, mis à jour à 12h00

Vêtu d’une blouse blanche au logo de Sanofi et d’un masque chirurgical bleu, c’est d’un air attentif qu’Emmanuel Macron écoute les scientifiques lui détailler la fabrication d’un vaccin. Ce mardi 16 juin, le président de la République visite le site de Marcy-l’Etoile, tout près de Lyon, où le géant pharmaceutique vient d’annoncer un investissement de près d’un demi-milliard d’euros dans une nouvelle usine pour « sécuriser les approvisionnements en vaccins de la France et de l’Europe en cas de nouvelles pandémies ».

Distanciation physique oblige, Paul Hudson, directeur général du groupe, suit quelques pas derrière, en essayant de respecter le marquage bleu au sol. Un mois plus tôt, il avait créé la polémique en suggérant que les Américains pourraient bénéficier en priorité d’un vaccin contre le Covid-19 du fait d’accords lors de leur investissement dans la recherche. La hache de guerre semble enterrée, mais la bataille pour l’accès au vaccin ne fait que commencer.

Sanofi, une firme pharmaceutique française devenue largement internationale

Structure de l’actionnariat au 31 décembre 2019, en %

Origine géographique, en % de l’actionnariat

Sanofi possède des sites de production dans 32 pays

seulement 6 % de son chiffre d’affaire est produit en France

« Jamais le vaccin n’a été à ce point considéré comme un bien stratégique, essentiel à la sécurité nationale, à la reprise économique et à la santé publique », constate l’Américaine Suerie Moon, codirectrice du Global Health Center de l’Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) de Genève.

Alors que l’épidémie a déjà emporté près de 470 000 vies, l’immunisation de la population contre le SARS-CoV-2 semble être l’une des seules portes de sortie à la crise. Selon une modélisation de l’Institut Pasteur, entre 3 % et 7 % de la population aurait été infectée par le coronavirus apparu fin 2019 en Chine. Bien loin des 60 % à 70 % nécessaires selon les experts pour atteindre une « immunité collective ». Tous s’accordent sur le fait que « nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus ».

Dès le mois de janvier, et les alertes venues de Chine, les chercheurs spécialisés dans les maladies infectieuses n’ont guère de doute : le SARS-Cov-2 a toutes les caractéristiques de la maladie « X », une pathologie encore inconnue, ajoutée en 2018 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à sa liste d’infections susceptibles de représenter un « danger mondial ».

Fin janvier, alors que le président chinois, Xi Jinping, admet que la situation est « grave » et que l’épidémie « s’accélère », les scientifiques sont déjà dans les starting-blocks pour un vaccin. Qu’ils appartiennent à de grandes institutions de recherche – l’université d’Oxford au Royaume-Uni, l’Institut Pasteur en France, Harvard aux Etats-Unis – ou à la R&D des géants pharmaceutiques – Sanofi, Merck, Johnson & Johnson, AstraZeneca –, tous s’interrogent sur la stratégie à adopter face à ce virus dont on ne connaît encore rien.

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