La COVID-19 ne ralentit pas Valerie Hodgins


Valerie Hodgins est bien connue des membres de la communauté francophone
de Windsor-Essex par son emploi de gérante des programmes subventionnés et
communautaires au Centre communautaire francophone Windsor-Essex-Kent (CCFWEK).
Mais saviez-vous que Mme Hodgins travaille également à plein temps au campus Metropolitan
de l’Hôpital régional de Windsor?

Commis au service d’urgence, elle est aux premières loges de la COVID-19.

Ses proches vous diront que l’adversité et les défis font partie de son
quotidien depuis nombre d’années. Elle est mère de triplets qui auront 18 ans
en août, dont deux sont atteints du trouble du spectre de l’autisme. Avec les
écoles, les commerces et les endroits publics fermés, comment arrive-t-elle à
gérer deux emplois et ses responsabilités familiales?

« Ce n’est pas simple mais l’on doit conserver une routine
structurée pour les enfants, assurer que la communication orale continue et
qu’ils entendent parler en français au quotidien, explique Mme Hodgins. Nous travaillons
15 minutes par jour en ligne avec leur enseignante, ce qui est beaucoup pour
des enfants autistes. Par vidéo, je suis les directives de l’activité avec eux.
Une éducatrice accompagne aussi les enfants en leur montrant des recettes culinaires
pour assurer que les jeunes gardent un contact visuel avec l’adulte. »

Valerie Hodgins fait des dessins, de la peinture, et autres activités avec
ses enfants durant la journée tout en travaillant de la maison pour le CCFWEK.
« C’est une nouvelle situation pour moi de passer autant de temps avec ma
famille depuis le début de cette crise, ajoute-t-elle. Ce fut toute une
adaptation et du jour au lendemain, il a fallu se débrouiller. Avec l’isolement
social le premier mois, nous n’avions pas accès au service de garde à domicile
pour les enfants à besoins particuliers comme les nôtres. Mon mari, un travailleur
essentiel pour Postes Canada, est absent pour une bonne partie de la journée. »

Fin prête pour le travail!

Après une demi-journée bien remplie avec ses enfants et le travail pour
le CCFWEK, un autre quart de travail débute de 15 h à 23 h au service d’urgence à l’hôpital.
« J’enregistre les patients dans le système informatique aussitôt qu’ils
arrivent. Au début de la pandémie, j’avais des craintes d’aller travailler
parce que mon mari et mon fils ont des déficiences du système immunitaire et
prennent des médicaments pour l’arthrite. Mais je suis protégée par une vitre,
un masque, des gants et un survêtement. Je me sens aujourd’hui en sécurité avec
mes collègues de travail, mais chaque jour est un champ de bataille différent.
Notre équipe est tissée serrée et nous nous protégeons les uns les autres. Si
nous avons des inquiétudes, nous pouvons toujours en discuter avec le
responsable du département. Vous savez, je suis plus anxieuse d’aller au
WalMart qu’à l’hôpital. »

« Au cours des deux derniers mois, je ne sais pas où j’ai trouvé
mon énergie. Je suis plus fatiguée maintenant qu’avant la crise. J’ai alors réalisé
que je devais faire des petites choses juste pour moi, pour conserver une saine
santé mentale. Que ce soit de prendre un café seule sur ma terrasse ou de jaser
avec des amis pendant une heure ou deux le samedi soir, c’est important de
prendre ce temps pour moi. De mon expérience, ce n’est pas la maman
parfaite d’Instagram qui réussira à traverser cette crise, mais c’est celle qui
donnera tout ce qu’elle a pour que ses enfants soient heureux, tout en songeant
à ses propres besoins », conclut Mme Hodgins qui termine l’entrevue
téléphonique en route vers l’hôpital. Ce jour-là, elle avait participé à une
réunion dans son bureau au Centre communautaire.



Source link

scroll to top