La crise due au Covid-19 provoquera une forte hausse du nombre des défaillances d’entreprises à partir du second semestre


Malgré les centaines de milliards d’euros déversés dans leurs économies, notamment pour venir en aide aux entreprises paralysées par les mesures de confinement dues à la crise sanitaire, les faillites vont s’accélérer fortement en Europe à partir du second semestre de cette année et en 2021.

Selon une étude de l’assureur-crédit Coface, publiée ce mardi 16 juin, le nombre de défaillances d’entreprises va augmenter de 21 % en France entre la fin de l’année 2019 et la fin de l’année 2021. Le chiffre est sensiblement le même en Espagne (+ 22 %), nettement plus élevé au Royaume Uni (+ 37 %) et en Italie (+ 37 %) ainsi qu’aux Pays-Bas (+ 36 %). En revanche, l’Allemagne, moins pénalisée sur le plan économique, connaîtrait beaucoup moins de faillites (+ 12 %) sur la période. A titre de comparaison, la crise financière de 2008 avait entraîné une hausse des défaillances de 53 % au Royaume-Uni et de 25 % en France, sur une période de deux ans, entre 2007 et 2009.

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Les conséquences de la crise du Covid-19 vont donc mettre fin, pour la France, à dix ans de baisse tendancielle du nombre de faillites. Avec 52 002 procédures enregistrées sur l’ensemble de 2019, la sinistralité des entreprises hexagonales avait atteint l’an passé son plus bas niveau depuis dix ans, indiquait, en début d’année, le cabinet Altarès, spécialiste de l’information sur les entreprises.

La forte poussée de faillites annoncée par Coface succède à un premier semestre en trompe-l’œil. Pour éviter une avalanche de défaillances au plus fort de crise, la plupart des gouvernements ont en effet donné un délai supplémentaire aux entreprises pour entamer, en cas de difficultés ou de cessation de paiement, les procédures obligatoires auprès des juridictions spécialisées. En outre, les tribunaux de commerce, au moins en France, étaient eux-mêmes en activité réduite ; il en est résulté un nombre artificiellement bas de procédures. Ainsi la Banque de France a publié, lundi, des chiffres qui font état d’une diminution de 13,5 % sur un an des défaillances en France en mars 2020, par rapport à mars 2019. Mais, précise l’institution, « cette baisse n’indique pas une réduction du nombre d’entreprises en difficulté ».

Accumulation de dettes

« L’ouverture d’une procédure de défaillance étant devenue de facto volontaire, seules les entreprises les plus en difficulté, sans perspective de redressement une fois la crise sanitaire sous contrôle, ont fait ce choix dès les premières semaines du confinement », confirment les experts de Coface dans la note.

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