La pandémie de Covid-19 aggrave la condition des femmes dans le monde


Une féministe porte un masque sur lequel est écrit « Rester à la maison n’est pas la même chose que Tais-toi à la maison », à La Paz, le 5 mai. AIZAR RALDES / AFP

L’écran montre d’abord des sages-femmes chinoises à l’allure de cosmonautes, équipées de pied en cap. Puis, en cette journée internationale dédiée à ces soignantes qui accueillent la vie, mardi 5 mai, Jismin Khatun finit par apparaître à son tour, tout sourire, le visage encadré d’un simple voile rose. Du fond d’un camp de réfugiés au Bangladesh, malgré une liaison difficile, elle dit avoir toujours voulu aider les mères à ne pas mourir en couches, se dit « fière d’œuvrer auprès des femmes, sans discrimination ». Pour elle, le nouveau coronavirus apparaît simplement comme un obstacle de plus dans un quotidien de difficultés, alors que pour nombre de ses homologues dans le monde exercer par temps de pandémie relève de la gageure.

« Oui, je peux faire mon métier en ce moment… Mais dans des conditions que je qualifierais de troublantes, inhabituelles, inconfortables et parfois effrayantes, a notamment répondu au Monde Marie Bass Gomez, qui travaille au centre de santé maternel et infantile Bundung, à Serrekunda, en Gambie. La plupart du temps, nous nous occupons des gens, mais presque personne ne s’occupe de nous. Alors je dirais : prenez soin de nous, fournissez-nous les ressources, la protection et les moyens dont nous avons besoin. Nous devons être motivés afin de ne pas nous épuiser. »

Répercussions lourdes et durables

Pour Samira Ali et les quatre autres professionnelles des urgences obstétriques de l’hôpital Al-Thawra, à Sanaa, au Yémen, les conditions se sont encore détériorées depuis le début de la crise sanitaire. « Avec le coronavirus, nous ne pouvons plus nous relayer. Nous devons être là vingt-quatre heures sur vingt-quatre, témoigne-t-elle. Pour réduire la pression qui pèse sur nous, nous avons fait appel à des sages-femmes bénévoles que nous payons avec nos salaires. » Elle dit avoir peur du virus. « Nous vivons dans un pays pauvre, où la culture de la prévention n’est pas très répandue. Beaucoup de gens ici ne prennent pas au sérieux les gestes barrières. »

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En cette journée particulière, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) avait décidé de rendre hommage à toutes les sages-femmes : à trois d’entre elles mortes du Covid-19 en Iran, comme à toutes celles qui font face aux multiples préoccupations féminines et répondent en particulier aux angoisses des mères pendant l’épidémie. « Est-ce que je peux allaiter mon bébé ? Le prendre dans mes bras ? » « Est-ce qu’une sage-femme peut venir à la maison ? Je ne veux pas me rendre à l’hôpital, je suis si inquiète, si inquiète » : voilà, par exemple, les appels à l’aide que la docteur Rafat Jan Rukanuddin reçoit sur sa ligne téléphonique, au Pakistan.

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