La pandémie de Covid-19 aggrave le dénuement des réfugiés syriens (PAM)


« La pandémie de Covid-19 et la récession économique qui en a résulté ont plongé des centaines de milliers de réfugiés syriens dans la région dans une situation encore plus difficile », a déclaré Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM lors d’un point de presse depuis Genève. « Même avant la pandémie, la plupart des familles de réfugiés vivaient dans une extrême pauvreté », a-t-elle ajouté, relevant que le nombre de réfugiés vulnérables qui ne disposent pas des ressources de base pour survivre en exil a « augmenté de façon spectaculaire en raison de l’urgence sanitaire ».

Selon l’agence onusienne dont le siège est à Rome, la perte de revenus a ainsi poussé les familles de réfugiés « au bord du gouffre ». « Beaucoup sont incapables de payer leur loyer et sont obligées de s’endetter davantage, de réduire leur consommation de nourriture et de médicaments », a alerté Mme Byrs.

Face à cette urgence sanitaire et humanitaire, le PAM fournit une aide à 1,8 million de réfugiés et aux communautés qui les accueillent (dont 1,2 million sont des réfugiés syriens). Mais l’aide aux réfugiés a évolué pour répondre aux défis opérationnels et aux limites imposées par la pandémie. « Les réfugiés sont particulièrement vulnérables aux coronavirus et à d’autres maladies, en raison de leur grande mobilité géographique, de leur instabilité, de leur surpopulation, de l’insuffisance des conditions d’hygiène et d’assainissement et du manque d’accès à des soins de santé décents », a expliqué Mme Byrs.

Du coup, l’aide du PAM se décline principalement par le biais de transferts d’argent liquide et de cartes ou bons d’alimentation électroniques. L’agence onusienne adapte ainsi ses transferts en espèces à la situation, par exemple par le biais de distributeurs automatiques de billets en Jordanie. Face à la pandémie, le Programme s’efforce de promouvoir en Iraq, les commerçants mobiles et les paiements sans contact par carte électronique.

La guerre en Syrie a provoqué la plus grande crise de réfugiés au monde. Neuf années de conflit ont déplacé des millions de personnes à l’intérieur, mais aussi vers les pays voisins. La Turquie, le Liban, la Jordanie, l’Iraq et l’Égypte accueillent à eux seuls plus de 5,5 millions de Syriens, soit le plus grand groupe de réfugiés au monde.

Une aide adapté afin de minimiser l’exposition au nouveau coronavirus.

Le sort des réfugiés syriens continuent de préoccuper les organismes humanitaires. Au Liban par exemple, le coût de certains produits alimentaires de base a augmenté de 56 % entre octobre 2019 et avril 2020. « Ce qui a eu un impact sur toutes les communautés vulnérables du Liban », a expliqué la porte-parole du PAM.

L’agence onusienne se prépare donc à prépositionner des stocks alimentaires en cas de nouvelles mesures de confinement. Au Liban, le PAM vient en aide à environ 650.000 réfugiés très vulnérables par le biais d’une aide en espèces. Plus de 36.000 élèves libanais et syriens ont pu bénéficier du programme d’alimentation scolaire du Programme avant l’adoption de certaines mesures de restrictions prises lors de la pandémie de Covid-19.

En Iraq, le PAM a fourni une aide alimentaire, sous forme d’argent, à la quasi-totalité des 21.500 réfugiés qui sont arrivés dans les camps de Bardarash et Gawilan à Duhok, dans la région du Kurdistan, après avoir fui les violences dans le nord-est de la Syrie. Au cas où les camps seraient fermés et où les gens ne pourraient pas accéder aux marchés alimentaires, l’agence onusienne a fourni un stock de rations alimentaires familiales d’un mois pour 330.000 personnes et des rations de réponse immédiate prêtes à consommer pour 60.000 personnes.

En Turquie, le PAM gère le programme de carte alimentaire électronique dans six camps, dans le sud-est du pays. Un dispositif qui permet d’effectuer des transferts mensuels d’argent liquide à plus de 55.000 réfugiés.

En Jordanie, l’agence onusienne fournit une aide mensuelle à 470.000 réfugiés syriens, y compris ceux vivant dans les zones urbaines et dans les deux camps de réfugiés de Zaatari et d’Azraq, mais aussi à « 57.000 enfants – syriens et jordaniens – vivant dans des zones où le niveau de pauvreté est élevé ». Enfin en Égypte, environ 77.000 réfugiés syriens ont reçu en avril une aide alimentaire par le biais de transferts mensuels en espèces au lieu de bons de la part du Programme.

 



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