« La science ne peut pas reposer sur des croyances »


C’est un appel à la réflexion et à la prudence, que des scientifiques et médecins de l’Inserm et de plusieurs hôpitaux français ont publié dans le journal . En réaction à la popularité soudaine de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine dès le début de la pandémie de Covid-19 en France, ces travaux recensent leurs effets indésirables seuls ou associés, dans le monde entier depuis la fin des années 1960.

« La science ne peut pas reposer sur des croyances et des opinions« , rappelle auprès de Sciences et Avenir le Pr Christian Funck-Brentano, cardiologue et pharmacologue, qui a co-signé ces travaux dirigés par le Dr Joe-Elie Salem. La vague d’engouement populaire en faveur de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine lancée en mars 2020 et soutenue par le Pr Didier Raoult, microbiologiste à Marseille, a donc pris la communauté scientifique par surprise. « Le point de départ de notre étude, c’est que l’hydroxychloroquine et l’azithromycine sont utilisés pour soigner le Covid-19 sans avoir de preuve de leur efficacité, et alors même que ces produits sont connus pour leurs effets indésirables sur le plan cardiaque« , pointe le Pr Funck-Brentano. En s’affranchissant de plusieurs critères méthodologiques essentiels pour la validité d’une étude scientifique, dont la présence d’un groupe témoin permettant de mettre en perspective les résultats obtenus avec le traitement, n’ont en effet pas fait l’unanimité.

Un risque cardiaque plus élevé lorsque les médicaments sont pris ensemble que seuls

Par chance, l’hydroxychloroquine et l’azithromycine sont deux vieux médicaments, sur lesquels les données s’accumulent depuis plusieurs décennies. La base de données de pharmacovigilance de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), VigiBase, comporte ainsi plus de 21 millions de signalements d’effets indésirables, collectés depuis 1967 ! Si un signalement seul n’est pas une donnée interprétable, des millions forment une base suffisante pour tester des association[…]

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