La vie au campus pendant la COVID-19


MONTRÉAL — Depuis le début du confinement, les résidences universitaires ressemblent de plus en plus à une représentation à petite échelle de notre société actuelle. Cette microsociété où tout le monde est parti ou enfermé dans sa chambre a créé un sentiment de vide et de solitude.

Les longs couloirs silencieux accompagnés par des salles d’études et des services universitaires fermés donnent la sensation d’un monde fortement touché par une crise d’une large magnitude. C’est quoi cette crise ? C’est la COVID-19. Difficile de se tromper vu les mêmes 2-3 affiches sur chaque étage et sur chaque mur qui transmettent les mêmes messages : laver les mains et garder la distanciation sociale.

« Bien que la majorité des quelque 380 résidents sur place respectent les consignes sanitaires du gouvernement, certains les enfreignent toujours ». C’était le début d’un courriel envoyé par la direction des résidences le 3 avril. Ce message m’a surpris pour deux raisons. Premièrement, il m’a fait comprendre à quel point la nature humaine est fragile. Le besoin de retrouver le sentiment d’appartenance à une communauté grandit jour, après jour. Ce besoin est aussi fort qu’il pousse les gens à prendre des risques qui mettent en danger leur santé, mais aussi la santé des autres. Deuxièmement, le fait que nous soyons encore 380 résidents. Sur papier, 380 personnes semblent beaucoup, mais sur un campus grand comme celui de l’Université de Montréal, ce chiffre est insignifiant. Et je peux confirmer que cela se ressent.

Faire des efforts pour oublier que nous sommes dans une pandémie est assez difficile quand nous sortons de nos chambres. Toutes les affiches nous rappellent la présence d’un ennemi invisible, prêt à frapper à tout moment. Cette nécessité constante de ne pas oublier que toute la société se trouve dans une crise sanitaire ne fait qu’augmenter le sentiment de panique pour certains. Un sentiment qui pousse les gens à prendre de mauvaises décisions. L’exemple le plus éloquent c’était pendant le début de la pandémie, quand le gouvernement de Québec a demandé à toutes les résidences de fermer et d’évacuer tous les locataires. « Suite à l’annonce qui vous a été faite par ZUM Résidences à l’effet qu’en raison du contexte lié à la pandémie du COVID19, vous êtes invités à quitter votre studio d’ici le lundi 23 mars prochain, nous tenons à vous faire part de notre soutien en ces circonstances difficiles », précisait un courriel envoyé par le Bureau des étudiants internationaux. Heureusement, ils ont ultérieurement assoupli les règles. Néanmoins, il y avait beaucoup d’étudiants qui ont quitté le campus et ceux qui restent doivent s’habituer à ce nouveau style de vie.

Pour mon voisin, Pape Ousmane Faye, le début des règles de confinement était le moment le plus difficile. « Initialement, je ressentais plus fortement les restrictions, car il y avait moins d’activités. J’étais plus anxieux. Je n’avais envie que de rester chez moi. Je voulais sortir pour faire mes courses le plus rapidement possible, et après, d’entrer à la maison. » Depuis, comme tout le monde, il a accepté que ce rythme quotidien devienne la nouvelle norme. «Maintenant, je me sens un peu plus à l’aise, car je me suis habitué au confinement. En plus, je comprends que c’est pour notre bien. Nous sommes plus protégés du virus en ce moment. Je ressens toujours le silence dans l’immeuble, mais cela ne me dérange plus » rajoute Ousmane.

L’arrivée de la chaleur marque une faible réanimation de la ville. Si tous les résidents trouvent la force « d’aplatir la courbe », nous allons reprendre non pas seulement nos études universitaires, mais aussi nos vies d’étudiants sur le campus.

Cristian Mironescu, complète le programme du DESS en journalisme de l’Université de Montréal.

Les étudiants de ce programme ont créé, dans le cadre de leur stage maison, cette agence de presse: agencedepresse21udemdess.com

 



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