L’activité physique, un outil thérapeutique aussi contre le Covid-19


10 000 pas et plus. Avec application, Monia, la cinquantaine, fait rebondir lentement un « Swiss ball » (gros ballon) sur le sol en dribblant avec les mains. « Maintenant, fléchissez les jambes et accélérez le rythme », dicte Jean-Baptiste Baudouin, enseignant en activité physique adaptée (APA) au sein de la plate-forme sport-santé de l’Hôtel-Dieu. La séance se déroule à l’air libre, dans l’une des galeries latérales du plus vieil hôpital parisien, avec vue plongeante sur sa grande cour. Signe des temps, les deux protagonistes sont masqués, et tous les exercices ont été conçus pour respecter les gestes barrières.

Pour Monia, c’est la sixième séance, dans le cadre d’un protocole « asthénie post-Covid ». Cette infirmière n’a pas fait une forme grave de l’infection, mais, des semaines après, elle se sentait toujours fatiguée, essoufflée au moindre effort. « Depuis que j’ai commencé ici, je me sens beaucoup mieux, mais je suis encore gênée dans les escaliers », assure cette femme jusqu’ici peu sportive. Pendant une demi-heure, Jean-Baptiste Baudouin la soumet à des exercices dynamiques avec le ballon, attentif à ses difficultés et à sa respiration.

Lancé il y a quelques semaines, à la fin du confinement, ce protocole de trois séances hebdomadaires s’adresse à des patients souffrant de symptômes résiduels – principalement une asthénie –, et qui sont encore en arrêt de travail ou ont repris récemment. Leur fatigue est mesurée avec l’échelle dite « de Pichot », qui comprend huit questions cotées de 1 à 4. Ils sont inclus si leur score est supérieur à 20. Une réévaluation est effectuée au bout de trois semaines.

« Nous proposons des séances légères à modérées, car ces patients sont assez fatigués et ont parfois des courbatures », explique Jean-Marc Aoun, autre enseignant en APA du service. Dans une première partie, en groupe limité à quatre personnes pour l’instant, l’échauffement dure environ dix minutes, puis un circuit de trente minutes permet de travailler l’équilibre, le renforcement musculaire et les capacités cardio-vasculaires et respiratoires. Les participants font ensuite trente minutes de vélo ou de tapis roulant dans une des trois salles du service.

Un enjeu à long terme

« Ces séances apportent un certain bien-être, redonnent confiance en soi et surtout l’envie de refaire du sport au plus vite », souligne Sophie (le prénom a été changé), 55 ans, elle aussi infirmière, qui vient depuis deux semaines. « L’idée est qu’ils prennent plaisir à pratiquer une activité qu’ils puissent continuer en été ou en club plus tard », insiste Jean-Marc Aoun.

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