L’Asie du sud, nouveau terrain de prolifération du Covid-19


Alors que de nombreuses zones, dont l’Europe et une partie des Etats-Unis assouplissent les restrictions mises en place, dans le reste du monde, « la situation s’aggrave », a déclaré lundi le patron de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus . Le nombre de cas confirmés dans le monde, désormais supérieur à sept millions, a augmenté de plus de 100.000 sur neuf des dix derniers jours, et même de 136.000 dimanche – « le bilan le plus élevé jusqu’ici », a indiqué le directeur général, alors que le seuil des 400.000 morts était franchi.

Le Pakistan opposé au confinement des villes

Certains pays, notamment en Asie du sud, restent aux prises avec l’épidémie. C’est le cas du Pakistan qui vient, officiellement, de passer le double cap des 100.000 malades et des 2.000 décès. Le nombre de personnes infectées est toutefois largement sous-estimé, faute d’un dépistage suffisant. Début juin, un rapport des autorités du Pendjab (Est) estimait que plus de 670.000 malades vivaient à Lahore, une ville qui compte plus de 11 millions d’habitants. Officiellement, le nombre de cas positifs n’était alors que de 72.000 personnes pour tout le Pakistan, qui compte plus de 200 millions d’habitants ! Depuis le début de l’épidémie, les autorités ont adopté une stratégie minimaliste : l e Premier ministre Imran Khan s’est ainsi opposé à un confinement des villes qui, selon lui, permet de « sauver les gens du coronavirus, mais les fait mourir de faim ». Début juin, il a annoncé la levée complète du confinement entamé fin mars.

Catastrophe afghane

La situation en Afghanistan n’est guère différente. Le pays commence à manquer de lits d’hôpital, alors que l’épidémie progresse rapidement, ont confirmé les autorités. Officiellement, quelque 761 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés au cours des dernières vingt-quatre heures, portant le total à 19.551. Comme au Pakistan, le nombre de cas est certainement supérieur à celui attendu, y compris à Kaboul, l’épicentre de l’épidémie à laquelle le pays ravagé par quatre décennies de guerre risque de ne plus pouvoir faire face. « On s’attend à une catastrophe », a indiqué Mohammad Yakub Haidary, le gouverneur de Kaboul, lors d’une conférence de presse.

Dans la seule capitale, il a estimé qu’il pourrait y avoir un million de personnes touchées par le virus. Jusqu’à présent, le nombre officiel de décès dus au virus au niveau national est de… 327. Un nombre qu’il considère sans commune mesure avec la réalité. « Nous avons des informations faisant état de morts suspectes, de gens enterrant des corps de nuit », a-t-il déclaré. « Nous remplissons 10 à 15 ambulances de corps chaque jour », a-t-il poursuivi.

Confinement ignoré

Les autorités ont officiellement placé le pays en confinement, mais celui-ci est très largement ignoré, les travailleurs journaliers préférant prendre le risque d’attraper le virus plutôt que de perdre une journée de travail. Face à la prolifération de l’épidémie, le ministre de la Santé a toutefois annoncé que des mesures plus strictes allaient être mises en place, notamment avec le port du masque et le respect de la distanciation, pour les trois mois à venir. L’Afghanistan n’a les moyens de tester que de 10 à 20 % des personnes soupçonnées d’avoir attrapé le virus, ont reconnu les autorités. Et selon l’ONG International Rescue Committee (IRC), le nombre de cas a été multiplié par huit au mois de mai.



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