Le Brésil, deuxième pays le plus touché par le Covid-19


Le Brésil compte désormais plus de morts du coronavirus que le Royaume-Uni. 42 161 personnes ont succombé au Covid-19 dans le pays le plus peuplé d’Amérique latine. 

“Le Brésil est devenu aujourd’hui le deuxième pays avec le plus de décès causés par le covid-19 dans le monde, dépassant le Royaume-Uni”, annonce O Dia. Pas vraiment une surprise tant le taux de décès dans le pays d’Amérique est supérieur à celui de la nation européenne. 1242 personnes mortes en 24 heures au Brésil contre 202 au Royaume-Uni, précise le quotidien. En tout, 42 161 personnes ont succombé à l’épidémie avec plus de 843 000 cas identifiés. Seuls les Etats-Unis présentent un bilan plus lourd. 

Brasil de Fato constate que contrairement au Brésil, l’Europe a “réussi à ralentir la progression des décès”. Surtout, note le site, “les chiffres alarmants publiés vendredi ne reflètent peut-être pas pleinement la réalité”, en raison d’un manque de tests. 

Une étude de l’université de Pelotas, citée par Bloomberg, estime que pour un cas confirmé, six autres ne sont pas recensés. La situation est telle que l’organisation mondiale de la santé a fait part vendredi d’une “inquiétude grandissante”, remarque The Independent

Le Brésil est “maintenant l’épicentre de l’épicentre”, commente la BBC alors que l’ensemble du continent américain concentre la moitié des cas. Au-delà de la situation sanitaire, “la gestion de la pandémie a pris un tour hautement politique”, ajoute la chaîne anglaise.

Il y a par exemple la célèbre plage de Copacabana transformée en faux cimetière par des militants de l’organisation Rio de Paz. La destination touristique “est devenue le dernier champ de bataille des tensions croissantes face à la réponse du gouvernement”raconte Al Jazeera

Un hôpital de Rio pris pour cible

Autre illustration des troubles du moment, l’invasion vendredi d’un hôpital de Rio de Janeiro, racontée par le Diario de Pernambuco. Six personnes au moins ont “envahi des salles réservées aux médecins et aux patients, criant, donnant des coups de pied dans les portes et volant des ordinateurs”. Elles ont hurlé qu’elles voulaient vérifier que les lits étaient bien occupés. 

Difficile de ne pas voir un lien avec la demande formulée la veille par Jair Bolsonaro dans son intervention hebdomadaire sur Facebook. Le président brésilien a invité ses partisans à pénétrer dans les hôpitaux et à prendre des photos de lits vides dans les unités de soins intensifs pour “montrer que le coronavirus est une arnaque”, rapporte le Correio da Manha. Le leader d’extrême-droite a également accusé les gouverneurs et maires de surestimer le nombre de cas pour obtenir plus de financement fédéral et critiquer le gouvernement, indique le quotidien portugais.

Les gouverneurs en question ont écrit une lettre ouverte, publiée notamment par le Correio braziliense, déclarant que “ce n’est pas en envahissant les hôpitaux que le Brésil vaincra la pandémie”.

M. Bolsonaro a par ailleurs reproché aux médias une forme “d’hystérie”, souligne la BBC, multipliant les “démonstrations publiques d’irrévérence” alors même que son pays “enterre ses morts dans des fosses communes en Amazonie et que les hôpitaux sont au bord de l’effondrement dans certaines régions”. A l’instar de Donald Trump, le dirigeant a aussi poussé pour une réouverture de l’économie jugeant les conséquences d’une quarantaine “pires que les effets du virus”.

“Je n’ai pas entendu parler d’un autre pays dont le président a autant entravé la lutte contre l’épidémie”, dénonce Daniel Dourado, expert de santé publique à l’université de São Paulo. Dans les colonnes du Guardian, le professeur critique un homme politique “qui n’exprime même pas sa sympathie aux familles” et il n’écarte pas que le nombre de cas au Brésil rattrape celui des Etats-Unis.





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