Le Brésil, nouvel épicentre du Covid-19


Avec 23 473 morts et 374 898 cas positifs officiellement recensés au 25 mai, le Brésil est devenu l’un des nouveaux grands foyers du coronavirus. La barre symbolique des 1 000 décès quotidiens a été franchie le 19 mai et les prévisions pour les prochains mois sont sombres, alors que le système de santé est saturé et que le président Jair Bolsonaro refuse de prendre des mesures fortes pour lutter contre la pandémie.

Le premier cas de SARS-CoV-2 a officiellement été détecté le 25 février ; le premier décès date du 17 mars. Depuis, l’épidémie se répand à un rythme exponentiel. Tous les Etats de la Fédération sont aujourd’hui touchés, à des degrés divers. Son épicentre se situe à Sao Paulo, qui concentre 22,5 % des cas et 26,5 % des morts. Mais l’épidémie frappe aussi de plein fouet Rio de Janeiro, les Etats nordestins du Pernambouc ou du Ceara et celui de l’Amazonas, en pleine forêt tropicale. Les régions de l’intérieur comme le Mato Grosso ou du Sud sont moins atteintes, mais il est difficile d’avoir une vision globale en raison du manque criant de tests.

Le Brésil disposait au départ d’un gros avantage avec le système universel de santé (SUS). Créé en 1988 au sortir de la dictature (1964-1985), celui-ci prend théoriquement en charge l’ensemble des 210 millions de Brésiliens. L’organisme est cependant chroniquement sous-financé et surchargé, avec d’énormes disparités en termes d’accès aux soins selon les régions, les Etats du Sud étant bien mieux pourvus en hôpitaux et respirateurs que ceux du Nord ou du Nordeste. Dans le pays, la moitié des lits en soins intensifs se trouvent dans le secteur de santé privé, auquel n’a accès qu’un habitant sur quatre, en capacité de se payer une mutuelle.

Pour la revue médicale britannique The Lancet, Jair Bolsonaro représente aujourd’hui la « plus grande menace pour enrayer l’épidémie au Brésil ». Depuis le début de la crise sanitaire, le président a systématiquement minimisé la gravité du Covid-19, qualifié de « rêve », d’« hystérie » ou de « petite grippe ». Dans les faits, il a allongé à plusieurs reprises la liste des activités considérées comme essentielles, multiplié les bains de foule, facilité l’usage de la chloroquine, et poussé à la démission deux ministres de la santé, Luiz Henrique Mandetta et Nelson Teich, entre la mi-avril et la mi-mai.

Sources : H. Théry, « Covid-19 au Brésil : aggravants, scénarios et risques », Covidam : la Covid-19 dans les Amériques, Institut des Amériques, 24 avril 2020 ; covid.saude.gov.br ; IBGE ; Folha de S. Paulo ; The Lancet ; Imperial College of London ; Le Monde

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