l’épidémie de Covid-19 redémarre en Guyane, partiellement reconfinée


Le 11 mai, la Guyane vit la fin du confinement, suivant le calendrier national. L’épidémie liée au coronavirus y est alors contenue, avec 144 cas. Mais les jours suivants, selon la préfecture, les forces de l’ordre constatent « une baisse de la vigilance sur l’ensemble du territoire », « notamment de nuit », « des rassemblements dans les rues de Cayenne », des « regroupements de plus de dix personnes dans les autres communes, notamment à Saint-Laurent-du-Maroni et Kourou » et le 15 mai, « une fête avec près de 400 personnes à Camopi », une commune isolée dans la forêt.

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Dans le même temps, l’épidémie s’intensifie au Brésil, et dans l’Etat voisin de l’Amapa, le plus touché du pays par rapport à sa population : il est passé de 700 cas début mai à plus de 15 000 le 11 juin. Dans le nord de l’Amapa, la commune frontalière d’Oiapoque – plus de 700 cas et sept morts à ce jour – a été un foyer épidémique pour l’est guyanais, via Saint-Georges. La fermeture de la frontière le 19 mars, la remise en confinement des populations limitrophes et un couvre-feu sur le territoire n’ont pas empêché la propagation du virus en Guyane : un mois après la fin du confinement, on y compte six fois plus de cas (917), avec un taux de contamination variant de 20 à 40 % des tests réalisés, d’une journée à l’autre.

Seize communes sur 22 sont touchées dans cette collectivité d’outre-mer de 283 000 habitants, aussi étendue que la Nouvelle Aquitaine, plus grande région de France métropolitaine. « Le virus circule dans l’ensemble du territoire, constate Marc Del Grande, le préfet de Guyane. C’est une diffusion disséminée, ce qui ne rend pas simple une stratégie de confinement ciblée, ajoute-t-il. Dès que nous avons un cluster, nous confinons le quartier, mais nous n’avons pas toujours des cas concentrés dans le même secteur. »

Reconfinement partiel le week-end

Le retour au confinement global est exclu par les autorités, car l’économie guyanaise est très fragile, constituée surtout de petites entreprises avec peu ou pas de trésorerie et un accès difficile aux aides nationales. Le 10 juin, le préfet a annoncé le reconfinement partiel de 14 communes touchées par l’épidémie – dont les principales agglomérations – avec une interdiction de circuler du samedi 21 heures au lundi 5 heures du matin, et une autorisation de circuler pendant une heure dans un rayon d’un kilomètre autour de son domicile, comme avant le 11 mai. Le reste de la semaine, le couvre-feu a été élargi de 21 heures à 5 heures du matin dans ces mêmes communes, Saint-Georges et Camopi, à la frontière brésilienne, restant confinées.

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