Les contraintes liées au Covid-19 continuent à peser sur les hôpitaux


Des infirmières nettoient une chambre à l’hôpital Saint-Louis, à Paris, le 28 mai. MARTIN BUREAU / AFP

Si le nombre de patients atteints du Covid-19 ne cesse de diminuer, les hôpitaux publics n’en ont pas fini avec la crise pour autant. Tous, à leur échelle, se retrouvent contraints de trouver un équilibre inédit − au moins jusqu’à la fin de l’été −, entre des règles sanitaires encore très strictes, pour éviter les risques de contamination entre patients « Covid » et « non-Covid », et la nécessité de rester prêt en cas de remontée épidémique. Conséquence : « La décrue est plus complexe que le climax de la crise », assure Aude Boilley-Rayroles, la directrice de l’hôpital Cochin, à Paris.

Pour l’instant, le « plan blanc » déclenché par le gouvernement le 13 mars − qui annulait les opérations non urgentes et permettait un rappel rapide des personnels − n’a toujours pas été formellement levé. Dans les faits, sous la houlette des agences régionales de santé (ARS), l’activité reprend au ralenti, à des rythmes différents selon les régions et selon les spécialités. « Il faut reprogrammer sans aller trop vite », explique François Maillot, chef du service de médecine interne au CHU de Tours. Lui aussi juge cette nouvelle étape « plus compliquée ». Pour autant, dit-il, « on n’en fait pas trop, ce sont des stratégies prudentes et raisonnables ».

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Pour limiter les risques de contamination, les hôpitaux ont été invités, quand ils le pouvaient, à ne plus hospitaliser qu’un seul patient par chambre double. A l’hôpital Cochin, une soixantaine de lits ont été condamnés, soit 8 % de la capacité d’hospitalisation de l’établissement. « Sur l’ensemble de l’AP-HP (Assistance publique Hôpitaux de Paris), on perd des centaines de lits, on ne pourra pas faire ce qu’on faisait avant » le Covid-19, commente, sous couvert d’anonymat, une cadre supérieure de santé du groupe.

« Embouteillages »

A Lille également, les chambres à deux lits n’ont plus cours. « Nous sommes un peu désemparés face aux piles de dossiers en attente qui ne cessent d’augmenter, reconnaît Vincent Sobanski, médecin interniste au CHU de Lille, alors que le service ne dispose plus que de 28 lits, contre 38 habituellement. On arrive à traiter l’urgent, le semi-urgent, mais le reste… on ne sait pas quand cela va être possible. » Une contrainte qui a néanmoins permis à de nouveaux systèmes d’émerger : « On nous a laissés être inventifs parce qu’il n’y a pas d’autres solutions possibles », dit-il, évoquant une organisation plus efficace de la prise en charge des patients ayant un besoin urgent d’examens médicaux.

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