l’étude du « Lancet » sur l’hydroxychloroquine suscite des interrogations


Des pilules d’hydroxychloroquine, à Provo (Etats-Unis), le 27 mai 2020. GEORGE FREY / REUTERS

C’est l’étude qui, après une série de signaux négatifs, a fait basculer les autorités sanitaires concernant l’efficacité et la sécurité du traitement à l’hydroxychloroquine dans la lutte contre le Covid-19. Le 22 mai, la revue scientifique britannique The Lancet publiait une analyse rétrospective des dossiers médicaux de 96 000 malades, qui aboutissait à la conclusion que loin d’apporter un bénéfice aux patients hospitalisés, la chloroquine et l’hydroxychloroquine, combinées ou non à des antibiotiques dont l’azithromycine, entraînaient un risque accru d’arythmie cardiaque et de décès à l’hôpital.

Dans la foulée, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a suspendu temporairement l’inclusion de patients recevant de l’hydroxychloroquine dans son essai clinique Solidarity. En France, le gouvernement, suivant l’avis du Haut Conseil de santé publique et de l’Agence de sécurité du médicament, a publié un décret abrogeant une dérogation qui avait permis l’utilisation de la molécule dans un contexte hospitalier contre le nouveau coronavirus. Et les essais cliniques sur l’hydroxychloroquine ont été suspendus, le temps d’analyser les données.

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L’étude du Lancet a aussitôt été passée à la loupe. L’ancien ministre de la santé Philippe Douste-Blazy a estimé qu’elle comportait de graves incohérences méthodologiques, avant de reconnaître qu’il l’avait mal lue.

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Qualifiant l’étude du Lancet de « foireuse », le professeur Didier Raoult n’a pas hésité à soupçonner ses signataires d’avoir manipulé les données, évoquant des « fake data » dans un Tweet en anglais. La version française est à peine plus mesurée : « Il n’est pas possible qu’il y ait une telle homogénéité entre des patients de 5 continents différents. Il y a manipulation préalable, non mentionnée dans le matériel et méthodes, ou ces données sont faussées », écrit le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille.

« Attention médiatique »

Dans un entretien accordé mercredi 27 mai à Sud Radio, il indique avoir lui-même soumis un article sur la cohorte traitée à l’IHU au Lancet, qui l’aurait « rejeté sans revue ». Le résumé mis en ligne indique un taux de létalité (proportion de patients positifs au Covid-19 décédés) de 0,9 %.

Concernant l’article du Lancet, le fil Twitter du professeur Raoult fait aussi état d’un écart inexpliqué entre le nombre de patients comptés comme morts du Covid-19 en Australie dans l’étude du Lancet et un bilan moins élevé effectué par Camberra. L’infectiologue marseillais a pris langue avec d’autres scientifiques critiquant la méthodologie de l’article du Lancet et relayé une proposition de lettre ouverte à la direction de ce journal médical, qui a indiqué de son côté avoir demandé des explications aux auteurs.

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