l’hydroxychloroquine n’a « pas d’effet bénéfique », selon l’essai clinique Recovery


L’hydroxychloroquine « n’est pas un traitement contre le Covid. Cela ne marche pas », affirme le codirecteur de l’étude Recovery. George Frey / REUTERS

L’hydroxychloroquine ne montre « pas d’effet bénéfique » pour les malades du Covid-19, selon les responsables de l’essai clinique britannique Recovery, qui ont annoncé, vendredi 5 juin, l’arrêt « immédiat » de l’inclusion de nouveaux patients pour ce traitement.

Recovery, essai clinique majeur dont les résultats étaient très attendus, était l’un des seuls à n’avoir pas suspendu ses tests sur l’hydroxychloroquine après une étude controversée du Lancet, depuis retirée, qui pointait du doigt l’inefficacité voire l’effet néfaste de la molécule.

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« Traitement inutile »

« Nous avons (…) conclu qu’il n’y avait aucune preuve d’un effet bénéfique de l’hydroxychloroquine chez les patients hospitalisés avec le Covid et nous avons décidé d’arrêter de recruter des patients pour la partie hydroxychloroquine avec effet immédiat », a dit Martin Landray, professeur à l’université d’Oxford et codirecteur de l’étude. « Ce n’est pas un traitement contre le Covid. Cela ne marche pas », a-t-il ajouté.

« Ces résultats devraient changer les pratiques médicales à travers le monde. Nous pouvons maintenant arrêter d’utiliser ce traitement qui est inutile. »

Recovery est un essai clinique contrôlé et randomisé (patients choisis par tirage au sort), méthode d’expérimentation considérée comme la plus solide pour tester des médicaments. Il est mené au Royaume-Uni sur plus de 11 000 patients de 175 hôpitaux pour évaluer l’efficacité de plusieurs traitements contre le Covid-19.

La partie hydroxychloroquine a concerné 1 542 patients ayant reçu la molécule, comparés à 3 132 patients ayant bénéficié d’une prise en charge standard. Les chercheurs concluent qu’il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes ni pour la mortalité à 28 jours, ni pour la durée d’hospitalisation.

« C’est décevant que ce traitement soit inefficace, mais cela nous permet de nous concentrer sur les soins et la recherche sur des médicaments plus prometteurs », a commenté Peter Horby, principal responsable de l’essai.

L’hydroxychloroquine est au cœur d’une vaste polémique à travers le monde quant à son efficacité potentielle contre le Covid.

Cette polémique a connu un nouveau rebondissement, jeudi, lorsque trois des auteurs d’une étude parue dans la revue médicale The Lancet, qui avait conclu à une augmentation du risque de décès en cas d’utilisation de ce médicament chez des patients atteints par le Covid-19, ont retiré leur signature à cet article en raison de doutes sur les données utilisées.

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Le quatrième auteur de l’étude de The Lancet est Sapan Desai, le directeur général de Surgisphere, l’entreprise ayant fourni les données sur lesquelles s’est basée cette étude. Surgisphere a refusé de fournir un accès complet à sa base de données pour les soumettre à un examen indépendant après l’émergence de doutes sur leur fiabilité.

Le Monde avec AFP et Reuters



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