l’OMS appelle le monde à la prudence


Ne pas baisser la garde. C’est en résumé le message lancé par l’Organisation mondiale de la santé alors que la plupart des pays ont entamé ou entament leur déconfinement. Après des semaines de paralysie liée à la pandémie de Covid-19, « beaucoup de gens sont évidemment fatigués de rester chez eux. Les pays sont désireux de rouvrir leur société et leur économie », reconnaît le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Pour autant, a-t-il prévenu lors d’une conférence de presse virtuelle vendredi 19 juin, la fin des mesures de confinement fait « entrer le monde dans une phase nouvelle et dangereuse ». De fait, « le virus continue de se propager rapidement, il reste mortel et la plupart des personnes restent exposées ».

Les services de l’OMS ont recensé jeudi 18 juin plus de 150 000 nouveaux cas de coronavirus dans le monde, un record sur une seule journée depuis le début de l’épidémie. Près de la moitié ont été enregistrés sur le continent américain.

La barre du million dépassée au Brésil

Aux États-Unis, pays le plus touché au monde avec plus de 2 millions de cas et près de 120 000 décès, un rebond du coronavirus a été observé dans une vingtaine d’États, notamment dans le sud et l’ouest du pays.

Nouvel épicentre mondial de la pandémie, le Brésil, lui, a dépassé vendredi 19 juin, le cap du million de cas de contaminations, seulement franchi auparavant par les États-Unis, signe que l’épidémie n’est toujours pas contrôlée même si elle semble atteindre un plateau. Le plus grand pays d’Amérique latine va franchir dans les jours qui viennent le cap des 50 000 morts. Mais les statistiques officielles sont jugées très sous-estimées par les scientifiques en raison du manque de dépistages massifs dans ce gigantesque pays de 212 millions d’habitants.

L’ancien ministre de la santé Luiz Henrique Mandetta, s’interroge sur la stratégie du déconfinement dans l’État de Sao Paulo, le plus touché, qui a autorisé la réouverture des commerces « non-essentiels », après près de trois mois de paralysie. Par ailleurs, le championnat de football a repris jeudi 18 juin à Rio.

La pandémie progresse également en Asie du sud et au Moyen-Orient.

En Chine, 25 nouveaux cas ont été recensés vendredi 19 juin à Pékin, portant à 183 le nombre des nouveaux malades depuis la semaine dernière dans la capitale chinoise de 21 millions d’habitants. Les autorités chinoises ont publié des données scientifiques laissant penser que le virus responsable du rebond épidémique à Pékin serait une version ayant circulé sur le continent européen il y a plusieurs semaines ou mois.

Surveillance des eaux usées

En Italie, « la circulation du virus est encore importante » selon les autorités sanitaires, qui ont lancé vendredi un appel « à la prudence ». Deux foyers ont ainsi été identifiés ces derniers jours dans Rome, où la situation serait toutefois « sous contrôle ».

Des experts partis à la recherche de traces du virus dans des échantillons d’eaux usées ont déterminé qu’il était présent dans les égouts de Milan et Turin dès le mois de décembre 2019, soit deux mois avant que le premier malade ne soit recensé dans le pays.

L’Institut cite également une étude espagnole qui a identifié le virus dans les eaux usées de Barcelone recueillies vers la mi-janvier, « environ 40 jours avant la notification du premier cas autochtone » en Espagne.

Cette technique sera mise en œuvre en juillet avec la surveillance d’éventuelles traces du virus dans les eaux usées dans des localités touristiques italiennes.

En Ukraine, où les restrictions à la circulation ont été levées le 11 mai, les autorités ont indiqué qu’elles allaient réimposer par endroits des mesures de confinement, le pays ayant enregistré, en trois jours, un troisième record quotidien de nouveaux cas, avec 921 contaminations.

Au Maroc, le ministère de la santé a fait état vendredi de 539 nouveaux cas, le bilan quotidien le plus élevé dans le royaume depuis l’annonce du premier cas début mars.

Selon des statistiques officielles collectées par l’AFP, que les experts estiment toutefois largement sous-estimées, le chiffre de 456 000 morts dans le monde a été franchi vendredi 19 juin. Plus de 8,5 millions de cas ont été enregistrés, dont un tiers en Europe



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