L’UE exhorte Facebook, Google et Twitter à renforcer la lutte contre la désinformation


La Commission européenne veut pousser Facebook, Google et Twitter à publier un rapport mensuel sur leurs actions mises en œuvre dans le cadre de la lutte contre les fake news sur le Covid-19. Cette annonce a été faite le 10 juin 2020 par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et la vice-présidente de la Commission chargée des valeurs et de la transparence, Vera Jourova.

Promouvoir des informations officielles
Ces rapports devront détailler à la fois les efforts visant à limiter les fausses informations sur le Covid-19 (remèdes miracles…), y compris les publicités, ainsi que les mesures prises pour promouvoir des documents vérifiés. Les entreprises devront également intensifier leur coopération avec les vérificateurs de faits et les chercheurs. Elles sont également appelées à promouvoir les informations des agences de santé nationales et internationales, des autorités européennes ou des Etats membres ainsi que des médias professionnels.

Facebook et Twitter ont déjà pris des mesures pendant la crise sanitaire. Le réseau social de Mark Zuckerberg a par exemple annoncé mi-avril qu’il allait alerter ses utilisateurs des fake news sur le Covid-19. « Aidez vos amis et votre famille à éviter les fausses informations sur le Covid-19 », peut-on lire, suivi d’un bouton permettant de lire et partager la page de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De son côté, Twitter a changé début mai sa politique concernant les messages d’avertissement liés aux fake news. Les informations erronées sont signalées avec des étiquettes contenant un message d’avertissement.

En 2018, Google, Facebook, Twitter et Mozilla s’étaient déjà engagés en faveur de la lutte contre la désinformation. Les plateformes avaient adhéré au Code de bonnes conduites contre la désinformation en ligne adopté par l’UE le 26 septembre 2018. TikTok vient de les rejoindre. Sur Twitter, le commissaire au marché intérieur Thierry Breton a en effet annoncé que ByteDance, la société-mère de l’application chinoise, a accepté de se soumettre à ce code de conduite.
 

L’UE, cible d’opérations d’influence
Les deux hauts fonctionnaires avaient été mandatés en mars 2020 par les dirigeants européens pour proposer une feuille de route visant à lutter contre la désinformation, qui a pris une nouvelle ampleur avec la pandémie de Covid-19. L’exécutif européen accuse également des acteurs étrangers, en particulier la Russie et la Chine, mais aussi au sein de l’Union européenne, de lancer des opérations d’influence et des campagnes de désinformation. La task force « East StratCom » du Service européen d’action extérieure a détecté sur le site EUvsDisinfo plus de 550 discours de désinformation provenant de sources pro-Kremlin, indique Josep Borrell cité par RTBF.

« En ces temps de coronavirus, la désinformation peut tuer. Dans le monde actuel, fondé sur la technologie, où les guerriers manient le clavier plutôt que l’épée et où les opérations d’influence ciblées et les campagnes de désinformation sont une arme reconnue utilisée par des acteurs étatiques et non étatiques, l’Union européenne augmente ses activités et ses capacités pour lutter contre ces pratiques« , a-t-il déclaré.

Les actions proposées aujourd’hui alimenteront le « Plan d’action pour la démocratie européenne » et le « Digital Services Act » (DSA), destiné à mieux réguler les grandes entreprises technologiques, qui doivent être présentés d’ici la fin de l’année par l’exécutif européen

 

 





Source link

scroll to top