L’Union européenne à un tournant historique, la COVID-19 poursuit son tour du monde


PARIS | L’Union européenne se réunit vendredi pour lancer les tractations autour d’un plan de relance post-coronavirus historique, tandis que la pandémie de coronavirus, qui a passé le cap des 450 000 morts, poursuit son tour du monde.  

«C’est un des plus importants projets communs depuis des décennies», souligne un diplomate européen. «On peut parler de quelque chose d’historique». 

Principal sujet au menu des discussions, prévu pour durer jusqu’à fin juillet, un plan de relance de 750 milliards d’euros (1140 milliards $), dont 500 milliards seront redistribués sous forme de subventions aux pays les plus touchés par le coronavirus, comme l’Espagne et l’Italie. 

Si aucun accord n’est attendu pendant ce sommet virtuel, prévu à 9 h locales, il doit permettre de prendre la température, et notamment celle des quatre pays dits «frugaux» (ou «radins»). En effet, les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède et le Danemark ne veulent pas entendre parler de subventions, plaidant pour des prêts remboursables. 

«Jamais auparavant la cohésion et la solidarité n’ont été aussi importantes qu’aujourd’hui», a insisté jeudi la chancelière allemande Angela Merkel.

Un virus européen?

Alors que la pandémie a passé le cap des 450 000 morts dans le monde, un bilan qui a doublé en un mois et demi, 25 nouveaux cas ont été recensés vendredi à Beijing, portant à 183 le nombre des nouveaux malades depuis la semaine dernière dans la capitale chinoise de 21 millions d’habitants. 

Mais les États-Unis ont mis en doute la «crédibilité» de ces chiffres, appelant à l’envoi d’observateurs «neutres». 

«J’aimerais croire que leurs chiffres» sont «plus proches de la réalité que ce qu’on a constaté à Wuhan et dans d’autres zones de la Chine, mais cela reste à voir», a dit à des journalistes le secrétaire d’État américain adjoint pour l’Asie de l’Est, David Stilwell.

Les autorités chinoises ont publié des données scientifiques laissant penser que le virus responsable du rebond épidémique à Beijing serait une version ayant circulé sur le continent européen il y a plusieurs semaines ou mois.

«Il est possible que le virus qui provoque aujourd’hui une épidémie à Beijing ait voyagé depuis Wuhan jusqu’à l’Europe et soit maintenant revenu en Chine», estime Ben Cowling, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Hong Kong.

Frontières toujours fermées

Aux États-Unis, où un rebond du coronavirus a été observé dans une vingtaine d’États, notamment dans le sud et l’ouest du pays, l’expert en maladies infectieuses Anthony Fauci a estimé, dans un entretien avec l’AFP, que de nouvelles mesures de confinement ne seront pas nécessaires. 

Selon lui, il faut privilégier une gestion très locale et souple de l’épidémie, en particulier sur la question de la réouverture des écoles. 

Les États-Unis, où près de 120 000 décès y ont été déplorés, sont de loin le pays le plus touché au monde par la pandémie. 

Dans ce contexte, la réouverture des frontières n’est pas à l’ordre du jour, que ce soit avec l’Europe ou avec le Mexique et le Canada. La fermeture avec les voisins nord-américains vient ainsi d’être prolongée d’un mois, jusqu’au 21 juillet.

«Couper les ponts»

Sur le plan diplomatique, la pandémie continue de tendre les relations. Le président Donald Trump, qui impute à la Chine l’expansion incontrôlée de l’épidémie, menace de «couper tous les ponts» avec Beijing. 

En lice pour un second mandat, le président américain misait sur la croissance économique solide et la bonne tenue de l’emploi pour sa réélection. Las, près de 46 millions de personnes se sont retrouvées au chômage depuis mi-mars alors que le taux de chômage était à son plus bas niveau en 50 ans en février. 

Pour avoir appelé à une enquête internationale indépendante sur les origines de la pandémie, et dénoncé une diplomatie chinoise agressive et malhonnête, l’Australie avait fait l’objet de représailles commerciales de la part de la Chine. 

Vendredi, le premier ministre australien Scott Morrison a révélé que son pays est la cible d’une cyberattaque de grande ampleur, émanant d’un «acteur étatique» et visant les systèmes informatiques du gouvernement, d’administrations et d’entreprises. 

Citant des «sources hauts placées», la télévision ABC a affirmé que la Chine serait derrière ces attaques.

L’OMS «très optimiste»

Vivement un vaccin: l’Organisation mondiale de la Santé s’est dite «très optimiste» quant à la mise à disposition de centaines de millions de doses à la fin de l’année. Mais le vaccin, dont plus de 200 sont à l’étude à travers le monde, est encore à mettre au point.

Le temps presse: au Mexique, deuxième pays d’Amérique latine le plus durement touché par la COVID-19, le nombre de pauvres a augmenté de 10 millions de personnes depuis le début de l’épidémie.

En mars, l’atelier où Alejandro Fernández travaillait comme technicien radio a fermé. «Jamais, dans ma vie, je n’ai demandé de nourriture. Mais là, la situation est terrible et cette aide est providentielle», explique-t-il lors d’une soupe populaire organisée par l’organisation catholique Sant’Egidio.



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