Pour certains, la COVID-19 ramène de douloureux souvenirs en lien à la polio


Au Canada, la polio est survenue par vagues durant près de quatre décennies avant qu’un vaccin mette fin aux souffrances, en 1955.

S’attaquant surtout aux enfants, la maladie mystérieuse a causé des paralysies et même la mort, dans de nombreux cas.

Miki Boleen a contracté la polio une deuxième fois en 1953, à 14 ans. Les médecins étaient perplexes, croyant que cette maladie ne pouvait pas frapper deux fois.

«J’ai eu le mal de tête le plus incroyable, comme si tout le monde me frappait avec des marteaux», a dit Mme Boleen au sujet de la première fois qu’elle a eu la polio, à huit ans.

Son deuxième diagnostic l’a empêchée de marcher et l’a gardée à l’hôpital pendant neuf mois à Winnipeg, épicentre de la maladie au Canada, en 1953. Ce fut le pic de la dernière épidémie nationale au pays.

Mme Boleen, maintenant âgée de 80 ans, espère qu’il y aura un vaccin contre la COVID-19.

Elle se rappelle la peur liée à la polio, qui se transmet surtout en ingérant de la nourriture ou de l’eau contaminée par les matières fécales d’une personne infectée.

La polio attaque une partie de la moelle épinière, laissant certains patients avec une main ou un pied affaibli ou un bras ou une jambe paralysé. Pour d’autres, elle endommage les muscles de la poitrine ou du diaphragme, affectant leur respiration.

L’absence d’un vaccin était synonyme de souffrance pour des milliers de patients atteints de poliomyélite, comme Mme Boleen.

Ils pouvaient contracter un syndrome post-polio, parfois des décennies après l’infection.

Cela affaiblit les muscles touchés par le virus, rendant certains survivants dépendants de béquilles ou d’un fauteuil roulant.

En pensant aux hôpitaux qui traitent la COVID-19, elle se souvient d’une aile d’hôpital avec une rangée de lits remplis d’enfants, à Winnipeg. Elle y était la plus âgée des patients.

«Le pire était de savoir que des gens mouraient à côté de vous, a-t-elle déclaré de chez elle à Abbotsford, en Colombie-Britannique.

«Le matin, il y avait un lit vide et bien sûr, si vous demandiez aux infirmières où la personne était allée, elles répondaient: ‘Nous l’avons transférée dans une autre pièce’.»

On estime que 11 000 personnes au Canada ont été paralysées par la polio entre 1949 et 1954. L’Association canadienne de santé publique dit que 500 personnes en sont mortes en 1953. La dernière épidémie s’est produite en 1959, avec 2000 cas de plus.

L’association affirme que les responsables provinciaux de la santé publique ont fermé certaines écoles et confiné les enfants, mais ça n’a pas empêché la propagation de la polio.

La maladie serait apparue en Europe, au début des années 1800.

Pour Mme Boleen, la polio s’est accompagnée de solitude dans une ferme à Gladstone, au Manitoba. Elle est restée plus de trois mois à l’intérieur et portait une attelle de la cheville droite à la hanche, tout en utilisant des béquilles.

«Nous étions des enfants et nous ne pouvions aller nulle part. Tout était fermé cet été-là, a-t-elle déclaré, à propos de 1953. Vous ne pouviez pas aller dans une ferme voisine ou jouer avec les enfants.»

Les respirateurs utilisés pour les patients de la COVID-19 rappellent à Mme Boleen des respirateurs mécaniques appelés poumons de fer, dont certains enfants de l’ancien hôpital King George Isolation avaient besoin, pour les aider à respirer.

«J’étais terrifiée à l’idée de me retrouver dans un poumon de fer», a-t-elle confié.

Il s’agissait de longs tubes métalliques dans lesquels les patients étaient placés, seule la tête dépassant.

Le vaccin Salk, développé aux États-Unis, impliquait en partie de la recherche d’un laboratoire de l’Université de Toronto, a déclaré Christopher Rutty, professeur auxiliaire à la Dalla Lana School of Public Health, de l’Université de Toronto.

Au Canada, la polio a été éradiquée en 1994.

Il n’y a toujours pas de remède contre la polio. L’Organisation mondiale de la santé craint que la COVID-19 ne perturbe les programmes de vaccination dans des pays comme l’Afghanistan et le Pakistan ainsi que dans les pays africains, où la maladie existe toujours.



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