quatre grandes compétitions en Chine à risque en 2021-2022


(Tokyo) L’incertitude est devenue un compagnon fidèle des Jeux olympiques de Tokyo, déjà reportés d’un an jusqu’à l’été de 2021. Y aura-t-il des spectateurs ou des stades vides dans 14 mois ? Et comment des milliers d’athlètes, membres du personnel et officiels techniques se déplaceront-ils, logeront-ils, et demeureront à l’abri de la COVID-19 ?


Stephen Wade
Associated Press

Tokyo n’est pas seule.

La Chine, où la COVID-19 a été détectée en premier, sera le site de trois évènements dans un intervalle d’environ un an après la cérémonie de clôture des Jeux de Tokyo.

Jeux universitaires

Les Jeux mondiaux universitaires à Chengdu, dans la partie occidentale de la Chine, doivent s’amorcer 10 jours après la fin des Jeux de Tokyo et accueillir 8000 athlètes. Ensuite, à compter du 4 février 2022, on doit faire place aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin, puis aux Jeux asiatiques, à Hangzou, à partir du 10 septembre. La dernière édition des Jeux asiatiques a réuni 11 000 athlètes et comptait plus d’épreuves sportives qu’aux Olympiques.

Un quatrième évènement d’importance, la Coupe du monde de football des clubs, devait se tenir en Chine en juin 2021, également, et regrouper 24 équipes. Le tournoi a été reporté à cause de conflits d’horaire provoqués par la pandémie.

La Chine est devenue un endroit prisé pour ces compétitions à grand déploiement, grâce à l’expertise acquise pendant les Jeux d’été de Pékin, en 2008, et parce qu’elle peut en absorber les coûts gigantesques. Le pays a déboursé au moins 40 milliards US pour organiser les Jeux de 2008 et il n’y a eu aucun débat à l’échelle nationale parce que l’État autoritaire interdit les scrutins ou les référendums.

Les électeurs en Europe et en Amérique du Nord ont fréquemment dit « non » à des référendums portant sur la tenue des Jeux olympiques. La Chine s’est vu confier l’organisation des Jeux de 2022 lorsque de nombreux pays européens ont retiré leur candidature. Dans un scrutin du Comité international olympique, Pékin l’a emporté de justesse devant Almaty, une ville du Kazakhstan.

« Dire aux citoyens de la Bavière ou de la Suisse qu’une autre édition des Jeux olympiques d’hiver leur serait grandement bénéfique ne fonctionne pas », a écrit dans un courriel Jonathan Grix, qui étudie dans le domaine des politiques du sports à l’Université métropolitaine de Manchester.

Il ajoute que « les citoyens sont rarement les plus grands vainqueurs de tels évènements ».

« Les États autoritaires n’ont aucun besoin de consulter la population, ils n’ont aucun besoin de faire des compromis en matière de politiques, il n’y a aucune opposition (par définition) et la plupart des services sont gérés par l’État, ce qui assure une gestion harmonieuse de l’évènement », ajoute Grix.

Les dirigeants du CIO et du Comité organisateur du Japon ont donné peu de détails sur la tenue des Jeux de Tokyo, les coûts reliés au report et qui devra les assumer. Ils ont effleuré le problèmes et lancé des solutions fragiles. Ils se sont entendus sur une chose : si les Jeux ne peuvent commencer le 23 juillet 2021, ils seront annulés.

Lors d’une conférence de presse conjointe le week-end dernier, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a avisé qu’il ne sera pas « facile » de faire des Jeux olympiques un lieu de rassemblement mondial sécuritaire.

« Je pense que c’est possible », a quand même déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le président du CIO, Thomas Bach, s’est montré prudent sur la façon de présenter les Jeux. Il a parlé d’une quarantaine possible pour les athlètes, a fait allusion à un accès limité aux sites et n’a pas écarté la possibilité de tenir des épreuves dans des stades vides, ce qui ne serait pas sa préférence.

Certains scientifiques au Japon et ailleurs croient qu’un vaccin sera nécessaire pour assurer la sécurité des athlètes.





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