Sur la piste de chiens détecteurs de Covid-19


A l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (Val-de-Marne), un chien s’entraîne à détecter le Covid-19 sur des échantillons de sueur prélevés sur des patients hospitalisés, le 19 mai 2020. BENOIT TESSIER/REUTERS

Oslo est un berger belge malinois de 18 mois au flair déjà bien affûté. Devant lui sont disposés quatre supports métalliques, contenant chacun un échantillon de sueur humaine, recueillie sous les aisselles à l’aide de compresses. Trois filtres proviennent de personnes n’ayant pas croisé le virus, et le quatrième, d’un malade testé positif au SARS-CoV-2. Après avoir humé les quatre supports, en quelques secondes, Oslo revient sur ses pas et s’assoit devant le deuxième porte-filtre, celui contenant la compresse du malade. Son maître le récompense aussitôt avec son jouet préféré. L’exercice sera répété plusieurs fois, en ce mercredi 27 mai, à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA, Val-de-Marne), avec quatre chiens et de nouveaux filtres placés dans un ordre différent : les canidés parviendront à chaque fois à « marquer » l’arrêt devant le filtre des personnes infectées par le nouveau coronavirus.

Depuis plusieurs semaines, Dominique Grandjean, professeur à l’ENVA et chef du service vétérinaire de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, a réuni des chercheurs vétérinaires, des équipes cynophiles et des pompiers pour conduire une expérimentation sur la détection du Covid-19. « Cela fait des années qu’on entraîne des chiens à la détection médicale précoce de certaines pathologies, comme le cancer du colon ou la maladie de Parkinson, avec des résultats très probants », annonce-t-il. Quand l’épidémie due au nouveau coronavirus s’est installée en France, le vétérinaire a très vite voulu savoir si les chiens pouvaient flairer la présence du Covid-19.

« 95 % de résultats positifs »

A ce stade précoce de l’expérimentation, menée avec une vingtaine de canidés qui ont réalisé environ 400 exercices – des « passes », dans le jargon –, Dominique Grandjean l’assure : les malades du Covid-19 ont une odeur spécifique que les chiens peuvent détecter. « On a 95 % de résultats positifs. Et quand il y a des erreurs, il s’agit plutôt de faux positifs que de faux négatifs, ce qui signifie qu’on ne passe pas à côté de malades. »

Aymeric Bernard, vétérinaire : « Le chien a des capacités olfactives exceptionnelles qu’on est loin d’imaginer. Il est possible qu’il détecte des traces infimes qui ne seraient pas identifiables en laboratoire »

A Ajaccio, où une expérience similaire est menée en accord avec la préfecture et l’agence régionale de santé, Aymeric Bernard, vétérinaire chef du service d’incendie et de secours de la Corse-du-Sud (SIS-2A), confirme : « On constate une très bonne sensibilité du chien à cette odeur, et un marquage particulièrement franc sur les prélèvements positifs au Covid. » Une nouvelle phase d’expérimentation, qui démarrera en juin, devra déterminer le taux de sensibilité précis de cette méthode. « On sait que les valeurs sont très bonnes et qu’elles permettront de classer les chiens parmi les outils de détection les plus sensibles », avance M. Bernard. Dans cette phase 2 de recherche, seront notamment testées des méthodes de « double détection en aveugle » (avec deux chiens passant sur les mêmes filtres, sans que leurs maîtres ne sachent quels filtres sont positifs).

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