Toulouse. Diagnostiquée positive au Covid-19 : Elodie, 26 ans, vit un enfer depuis plus de 80 jours


Élodie, Toulousaine de 26 ans, a été diagnostiquée positive au Covid-19 le 8 mars par son médecin, depuis des symptômes réapparaissent sans cesse, elle se sent abandonnée.

Élodie et son petit ami. Diagnostiquée positive au Covid-19 par son médecin le 12 mars, elle ressent toujours des symptômes (©DR E.P. Photo réalisée avant qu’elle tombe malade)

Début mars, le coronavirus occupe toutes les discussions à Toulouse. Le 8 mars, Élodie, 26 ans, ne se sent pas bien, elle pense d’abord à un gros rhume. Le 12 mars, les symptômes s’aggravent, elle a mal au cœur, du mal à respirer, et décide de consulter son médecin généraliste :

Il m’a dit qu’avec mes symptômes, j’étais contaminée par le coronavirus Covid-19. A l’époque, les tests étaient réservés aux patients hospitalisés, j’ai donc suivi son diagnostic, et le traitement qui va avec : du paracétamol.

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La situation empire petit à petit

Au bout d’un mois, la Toulousaine ne se sent toujours pas bien. Elle est très fatiguée. Chaque jour, elle découvre de nouveaux symptômes :

J’ai eu vraiment beaucoup de symptômes différents : de gros maux de tête, la nausée, des tremblements, du mal à manger, quelques petites pertes de mémoire, baisse de la vue, vertiges, débuts de malaises, tachycardie. J’étais très fatiguée aussi, alors qu’avant cela j’étais en forme. Certains symptômes sont sûrement liés à la fatigue, mais j’étais une personne en bonne santé.

Un soir, alors qu’elle se sent encore plus mal que d’habitude, son petit-ami, avec qui elle vit – et qui a aussi été très fatigué, et un peu malade sans avoir été testé lui non plus – est obligé d’appeler le Samu :

J’avais des brûlures au cœur et aux poumons. Ce soir-là, je pensais que j’allais mourir. Mais ils m’ont dit que mon état ne nécessitait pas une hospitalisation. D’un côté j’étais rassurée, mais de l’autre, j’ai continué à avoir peur.

83 jours de symptômes pour avoir une prise de sang

Ce mercredi 3 juin, 83 jours après avoir été diagnostiquée, Élodie a toujours des symptômes, et accumule beaucoup de fatigue :

C’est devenu cyclique, il y a des jours où je vais mieux, c’est-à-dire, que la douleur ne me fait plus pleurer, et des jours où je rechute.

Après avoir tenté de consulter plusieurs médecins, la Toulousaine a finalement obtnenu une téléconsultation avec une généraliste qui lui a prescrit une prise de sang, ce 3 juin.

Elle m’a dit que finalement ce n’était peut-être pas le Covid-19, mais je suis encore plus perdue. On ne m’a jamais demandé de faire le test. Apparemment, quand le PCR est devenu disponible, c’était trop tard pour moi. J’ai quand même presque tous les symptômes qui sont décrits concernant le coronavirus Covid-19. En plus, ça fait 83 jours qu’on me dit de prendre du paracétamol pour combattre ce virus… J’attends donc les résultats de cette prise de sang.

Globalement, la jeune femme se sent abandonnée.

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Un sentiment d’abandon

Élodie veut savoir la vérité, et comprendre ce qui lui est arrivée. Elle regrette de ne pas rentrer dans les cases des malades habituels du coronavirus :

Si on regarde ce qui est dit sur les malades, soit ils meurent après 15 jours à l’hôpital, soit ils rentrent chez eux. On ne parle jamais de nous, les malades restés à domicile. Pourtant on est plusieurs à se retrouver dans ce cas.

Elle regrette aussi la façon dont les médecins ont traité son cas :

J’ai l’impression que les médecins attendent que ça passe, sans nous proposer de solution. Je comprends qu’à l’hôpital, ils aient été chargés, mais en temps normal, avec de tels symptômes, j’aurais au moins eu un suivi médical. J’espère qu’après ma prise de sang, je pourrai faire un scanner pour voir si je n’ai pas de lésions.

Encore affaiblie aujourd’hui, elle vit dans la peur d’une rechute grave, comme elle en a tous les deux ou trois jours, elle avoue que « seule, elle ne sait comment elle aurait survécu ». Maintenant, elle veut des réponses.



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